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Sûreté aérienne: comment sont formés les agents

Leur expertise censée garantir notre sécurité, fait l'objet d'une formation et d'enquêtes rigoureuses. Au terme d'un apprentissage sanctionné par un double agrément, la lutte contre le terrorisme devient leur préoccupation de chaque instant.

Ils sont le premier maillon censé nous garantir de voyager en sécurité. Depuis le 11 septembre 2001 et les attentats terroristes contre les tours jumelles du World Trade Center, le rôle des agents de sûreté chargés de contrôler passagers et personnels navigants a pris une importance capitale. Leur formation suivie dans des écoles spécialisées doit leur permettre de déjouer tous les subterfuges des éventuels terroristes. Il n'y "a pas de limites dans l'imagination des hommes pour créer des armes", explique Sébastien Caron, directeur général d'ASCT International, société spécialisée dans l'audit le conseil et la formation.

Leur mission, qui exige une vigilance de tous les instants, apparaît encore plus essentielle alors que dimanche, un avion d'Air France censé rallier Paris depuis l'Ile Maurice, a été dérouté vers le Kenya. A l'intérieur, une fausse bombe constituée de cartons surplombés d'une minuterie avait été repérée par une passagère. En conséquence, Air France va organiser une fouille systématique des bagages des passagers au départ de l'Ile Maurice.

Double agrément et plusieurs enquêtes de moralité

"Ces agents, une fois qu’ils ont eu leur diplôme, vont obtenir une carte professionnelle. Ils vont devoir obtenir un badge aéroportuaire à la suite d'une nouvelle enquête. Et ils vont devoir obtenir un double agrément du préfet et du procureur de la République", explique Sébastien Caron.

La concentration de l'agent de sûreté est essentielle mais il doit aussi savoir faire preuve de maîtrise et de courtoisie, en toutes circonstances, dans un contexte où la gestion du flux des passagers est un autre impératif. La formation d'agent de sûreté aéroportuaire, d'une durée de 177 heures, est sanctionnée par deux examens validés l'un par le ministère de l'Intérieur et l'autre par celui des Transports. Le tout est doublé de plusieurs enquêtes de moralité avant d'accéder à l'emploi.

Si les agents sont triés sur le volet, le risque zéro n'existe cependant pas, continue l'expert.

Une enquête de moralité "ne vous prémunit pas forcément demain d'une pression sur tel ou tel personnel pour arriver à passer quelque chose", précise Sébastien Caron, en soulignant qu'une complicité (au sein du personnel aéroportuaire) est l'un des maillons de la "vulnérabilité de l'aéroport".

Pour cet expert, "l'infaillibilité dans la sûreté n'existe pas". "On n'est pas là pour enseigner des méthodologies pour créer un engin explosif improvisé, mais pour savoir à quoi ça peut ressembler pour être détecté de manière plus efficace", ajoute-t-il.

Le 11-Septembre 2001 a été un "tournant"

En matière de sûreté de l'aviation civile, l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) fixe les normes internationales et depuis 2002, s'y ajoute une réglementation européenne, explique un porte-parole de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).

Pour faire face à des menaces particulières, un Etat peut exiger la mise en place de mesures supplémentaires. Les attentats du 11 septembre 2001 ont marqué un "vrai tournant", selon le porte-parole. Ils avaient été suivis par l'arrestation de Richard Reid, qui avait dissimulé des explosifs dans ses chaussures dans le but de les déclencher en vol. Le contrôle systématique des passagers et de leurs bagages à main, jusqu'alors pratiqué de façon aléatoire, a été dès lors instauré.

En Europe et aux Etats-Unis, il s'applique également au fret, au courrier, aux personnels navigants ou au sol, ainsi que pour l'accès aux zones sensibles dans les aéroports et la qualité du matériel de surveillance. En 2006, après la découverte du projet terroriste de trois islamistes qui avaient voulu faire exploser des avions au-dessus de l'Atlantique au moyen d'explosifs liquides, l'Union Européenne a interdit de transporter des liquides de plus de 100 ml dans les bagages à main.

D. N. avec Olivier Boulenc et AFP