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Salah Abdeslam: les conditions de sa détention à Fleury-Mérogis

Salah Abdeslam a été remis par les autorités belges à la France ce mercredi. Après sa présentation à un juge, il a été placé en détention à la prison de Fleury-Mérogis. Sa cellule sera équipée d'un dispositif de vidéosurveillance.

Des conditions de surveillance maximales. Depuis mercredi, Salah Abdeslam est en France, après avoir été remis par la Belgique tôt dans la matinée aux autorités françaises. Après un passage devant un magistrat instructeur qui lui a signifié sa mise en examen, le terroriste présumé des attentats du 13 novembre a été transféré à la prison de Fleury-Mérogis, dans l'Essonne. Son incarcération a eu lieu dans des conditions de sécurité maximales.

En Belgique déjà, alors qu'il se trouvait en détention à la prison de Bruges puis de Beveren, Salah Abdeslam était soumis à une régime de surveillance très strict, dans un quartier de prison sous haute surveillance, avec des cellules à double porte surveillées par des gardiens formés spécialement. Sa cellule, où la lumière était éteinte, était fouillée plusieurs fois par jour. Ses gardiens le décrivaient alors comme "un prisonnier modèle".

23 heures par jour en cellule

Une fois transféré à la prison de Fleury-Mérogis, Salah Abdeslam "sera pris en charge par une équipe de surveillance dédiée, composée de surveillants aguerris, formés à la détention des personnes réputées dangereuses", a précisé le Garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas. Assurant qu'"un certain nombre de mesures ont déjà été prises pour que son environnement soit sécurisé". 

"L’administration pénitentiaire, à qui je réitère une nouvelle fois toute ma confiance, sait la responsabilité", poursuit Jean-Jacques Urvoas. "Je sais sa compétence pour assurer la détention dans des conditions maximum de sécurité".

Une cellule équipée de vidéosurveillance

Salah Abdeslam, seul en cellule, a été placé en isolement. Un véritable "cadeau empoisonné", dénoncent les services pénitentiaires. Le prisonnier devrait alors passer 23 heures par jour dans sa cellule et une heure en promenade sous la surveillance visuelle de ses gardiens, détaille Dominique Rizet, le spécialiste police-justice de BFMTV. Ce dispositif permet de le "protéger des autres détenus, mais aussi du risque d'évasion" ou d'une tentative de suicide. En effet, si pour les familles des victimes, le terroriste présumé doit être jugé, d'autres prisonniers pourraient le considérer comme un exemple à suivre. 

"Le nombre de ses interlocuteurs pénitentiaires est strictement limité", précise également un communiqué du ministère de la Justice qui ajoute que "la cellule est équipée d’un dispositif de vidéosurveillance, dont les modalités d’usage ont été fixées conformément aux exigences de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et du droit français de la protection des données personnelles. La pérennisation éventuelle de cette mesure fera l’objet d’une étude complémentaire", précise le texte.

"Son lit et sa table seront scellés" dans sa cellule, a également assuré sur BFMTV l'ancien directeur de la prison. Salah Abdeslam sera "en surveillance constante avec des rondes régulières, aléatoires", a-t-il précisé. Quant au syndicat Ufap/Unsa Justice, il a expliqué que la prison préparait l'arrivée de ce détenu hors du commun depuis trois semaines.

D'autres terroristes à Fleury

Fleury-Mérogis, le plus grand centre pénitentiaire d'Europe, accueille déjà des détenus au profil similaire à celui de Salah Abdeslam. On peut citer Djamel Beghal, considéré comme le "gourou" de Chérif Kouachi, l'auteur de la tuerie de Charlie Hebdo, et d'Amedy Coulibaly, le preneur d'otages de l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes. Des participants aux attentats de 1995 y sont également incarcérés dans une partie de la prison de Fleury-Mérogis, dans une cellule donnant sur une petite cour triangulaire recouverte par un grillage, pour empêcher les évasions en hélicoptère.

Outre Fleury-Mérogis, le seul survivant du commando de terroristes du 13 novembre aurait pu être placé en détention dans la prison de Fresnes, dans le Val-de-Marne, une autre prison adaptée pour le recevoir. En Ile-de-France, les établissements pénitentiaires de Poissy et de Bois-d'Arcy, dans les Yvelines, ont été jugées trop lointains.
Justine Chevalier