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Radicalisation: 57 personnes interdites de travailler à Roissy depuis les attentats de janvier

A l'aéroport de Roissy, au nord de Paris, le 15 septembre 2014.

A l'aéroport de Roissy, au nord de Paris, le 15 septembre 2014. - Kenzo Tribouillard - AFP

57 personnes soupçonnées de radicalisation ont perdu l'autorisation de travailler à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle depuis les attentats de janvier, dont 5 depuis le 13 novembre. Toutes les habilitations de travail en zone réservée doivent par ailleurs être revues.

Soupçonnées de radicalisation, près de soixante personnes se sont vues refuser depuis janvier l'autorisation de travailler à l'aéroport parisien de Roissy, selon les autorités, qui ont décidé depuis les attentats du 13 novembre à Paris de réviser l'ensemble des habilitations des personnels.

"Depuis le début de l'année, il y a 57 personnes qui ont perdu leur autorisation du fait de radicalisation. Il y en a eu cinq depuis les attentats (du 13 novembre Ndlr), il y en a d'autres qui vont venir", a déclaré vendredi le préfet délégué pour la sécurité et la sûreté des aéroports de Roissy et du Bourget, Philippe Riffaut, lors d'une conférence de presse.

Ces 57 personnes se sont vu refuser une première attribution, un renouvellement de badge ou retirer "purement et simplement" leur habilitation.

Roissy-Charles-de-Gaulle, le principal aéroport français, est l'un des premiers employeurs de Seine-Saint-Denis, fournissant du travail à des milliers de salariés parfois peu qualifiés. Mais pour travailler en "zone réservée", il faut montrer patte blanche et obtenir le feu vert de l'Etat, après une enquête qui peut faire appel aux services de renseignement, pour lutter notamment contre le risque terroriste.

Révision de "86.000 autorisations de travail"

"Les 86.000 autorisations de travail sur la zone réservée seront revues", a annoncé le préfet. En commençant par les "5.000 personnels de sûreté de l'aéroport", il s'agira de "vérifier ce que les personnes ont pu faire depuis qu'elles ont obtenu leur autorisation", en "lien quotidien" avec la DGSI, le service de renseignement intérieur.

Désormais, un nouveau paramètre sera intégré dans "l'appréciation de la radicalisation" des personnels, "un facteur qui pose problème en terme de sécurité et de sûreté, le non-respect de l'égalité homme-femme", a appuyé Philippe Riffaut.

"Quand un homme refuse de rendre compte ou de travailler avec une femme, c'est un problème", a-t-il estimé, faisant état de "quelques cas précis".

V.R. avec AFP