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"On ne vit plus, on survit", témoigne le fils de la première victime de l'attentat de Nice

Ali Charrihi, fils de la première victime de l'attentat de Nice, est revenu vendredi sur BFMTV sur les répercussions de cette nuit du 14 juillet 2016, à la veille de d'une cérémonie d'hommage national, organisée trois mois après les faits.

Comment vit-on trois mois après l'attentat de Nice? Le fils de la première victime de l'attaque au camion du 14 juillet dernier s'est confié vendredi sur BFMTV, adressant un message fort aux extrémistes. Ali Charrihi exprime la profonde confiance qu'il a en la France et sa certitude quant à la capacité des gens de son pays à vivre ensemble. L'hommage de ce samedi représente pour lui un symbole fort vers sa reconstruction, même si rien ne sera plus jamais comme avant. 

"C'est la France qui nous rend hommage"

"Maintenant on ne vit plus, comme beaucoup de Niçois, on survit", avoue tristement Ali Charrihi sur BFMTV. Ce 14 juillet 2016 à Nice, la première victime du "camion fou" fut sa mère, Fatima Charrihi. Elle qui prônait un islam modéré, respectueux des autres religions, a été fauchée comme 85 autres victimes, dont 15 enfants et adolescents, assassinés cette nuit-là. Pour son fils aîné, la douleur est toujours vive. Il parle de cette longue pente à remonter même si "ça ne sera plus jamais comme avant".

Cet hommage, il l'attendait "comme tous les Niçois", précise-t-il. "Avec la reconnaissance qu'on a eu du pape, maintenant celle du président, ça fait toujours du bien", insiste cet aîné d'une fratrie de sept. Il ajoute, "A travers cet hommage, c'est la France qui nous rend hommage (…) et c'est important pour nous. C'est important pour tous les Niçois et ça va nous aider à nous reconstruire, à nous unir face à cette douleur".

"Trouver une entente"

Une douleur commune face à un acte incompréhensible pour ce musulman qui affirme "ces gens-là instrumentalisent notre religion". Et d'ajouter, "notre religion est faite pour amener la paix, pour apaiser les cœurs, pour amener un équilibre à l'homme, pas pour tuer. Dieu a rendu la vie sacrée et ces gens malheureusement ils tuent au nom de soi-disant l'islam mais, c'est ma mère qui était une vraie musulmane".

Quand on lui demande si l'islam est bien compatible avec la République, cela ne fait aucun doute. Pour Ali Charrihi, les religions doivent se mettre à la même table pour "trouver une entente" et se battre contre toutes les formes d'extrémismes. "Avec un islam modéré, avec un christianisme modéré, un judaïsme modéré, un athée modéré, si on se met tous autour de la table bien sûr qu'on trouvera une solution pour vivre ensemble, parce que la France a été bâtie comme ça. Elle a été bâtie justement sur l'ouverture, sur la tolérance donc je ne vois pas pourquoi maintenant on devrait s'entretuer ou se détruire entre nous", croit fermement le Niçois.

Astrid Landon avec Olivier Truchot