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La mère de la jihadiste bretonne arrêtée en Syrie demande à ce qu'on rapatrie sa fille 

Des femmes en niqab à Raqqa, en 2014/Image d'illustration

Des femmes en niqab à Raqqa, en 2014/Image d'illustration - Raqa Media Center / AFP

La mère d'Emilie König, bretonne partie faire le jihad, demande aujourd'hui à ce que sa fille soit rapatriée, avec ses trois enfants. Elle assure que cette dernière s'est "repentie", et que désormais détenue dans un camp kurde, sa fille "a été interrogée et torturée".

Emilie König a été arrêtée en Syrie par les forces kurdes. Elle était la jihadiste Française la plus recherchée des services de renseignements. Cette bretonne de 33 ans, partie faire le jihad en 2012, est désormais détenue dans un camp de réfugiés régit par les forces kurdes. Sa mère, restée à Lorient (Morbihan) raconte l'appel téléphonique de sa fille, et décide de témoigner dans Ouest France. Elle affirme que sa fille s'est désormais repentie.

"J’ai eu Émilie au téléphone en fin de semaine dernière. Détenue dans un camp kurde, elle a été interrogée et torturée", affirme sa mère de 70 ans dans les colonnes de Ouest France. Cette dernière élève ses deux petits-fils à Lorient. Émilie König, 33 ans, s’est radicalisée en 2010 et a gagné la Syrie dès 2012, laissant ses deux petits garçons derrière elle. Elle tentera de revenir en 2013 pour les chercher, sans succès.

Détenue avec une dizaine d'autres françaises

En 2014, elle rejoint le califat instauré par Daesh. Elle sera la première femme inscrite par les États-Unis sur la liste noire des terroristes internationaux. Entre-temps, elle se fera connaître notamment pour avoir incité des personnes à commettre des actes violents en France, et pour avoir appelé au jihad armé. 

Arrêtée par les forces kurdes dans le nord de la Syrie, elle serait détenue avec une dizaine d'autres françaises, et accompagnée de ses trois enfants nés en 2015 d'un père mort par arme, précise Ouest France. "Entassés dans des conteneurs, pas nourris, ils ont déjà dû déménager trois fois", assure sa mère.

La française "voulait revenir, elle demandait pardon"

En juillet 2017, la septuagénaire assure qu'elle recevait un appel de sa fille: "Sa maison venait d’être bombardée, Émilie avait été partiellement brûlée". Lors de cet appel, la française "voulait revenir, elle demandait pardon, à sa famille, à ses amis, à son pays. Elle regrettait tous ses propos et assurait vouloir payer sa dette en France", raconte sa mère. 

La Lorientaise demande aujourd'hui au ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, à qui elle a rédigé une lettre "de rapatrier ma fille, qui s’est repentie, et ses enfants". Début novembre, Emmanuel Macron avait assuré que le cas de ces Françaises arrêtées avec leurs enfants seraient examinées "au cas par cas".

S.Z