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Eglise attaquée: "Je regrette de ne pas l'avoir dénoncé'", confie un ami de Kermiche

Au lendemain de l'attentat de l'église Saint-Etienne-du-Rouvray, un ancien ami d'Adel Kermiche, un des terroristes, s'est confié à BFMTV.

Adel Kermiche n'avait que 19 ans. A peine sorti de l'adolescence, il a égorgé un prêtre de 86 ans qui célébrait la messe à Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen. Quand il a appris la nouvelle, l'un de ses anciens camarades a été sidéré. Néanmoins, le terroriste lui avait déjà confié ses intentions mortifères par le passé.

"Il a voulu partir en Syrie il a échoué, il s'est fait attraper, on lui a dit: 'Bon t'as encore échoué Adel c'est bon maintenant'. Et il l'a pris à la rigolade. Il a dit: 'Je vais faire un truc à l'église de Saint-Etienne'. On lui a demandé: 'Comment ça?'. Et il nous a répondu: 'Vous allez voir'", raconte-t-il.

"Peut-être que ça aurait changé les choses"

Mais personne ne l'a cru. Les jeunes garçons ne l'ont pas pris au sérieux. Jusqu'au jour du drame.

"Je regrette de ne pas l'avoir signalé à la police. Au début, quand on nous l'a dit on s'est dit 'non ce n'est pas possible'. Mais maintenant qu'on prend conscience de ce qu'il s'est passé, on regrette de ne pas avoir prévenu la police. Peut-être que ça aurait changé les choses", répète-t-il tristement.

L'ami d'Adel Kemiche l'a vu basculer lentement dans l'islamisme radical et devenir de plus en plus obsédé par la religion, alors qu'il n'était qu'un adolescent.

"Il était un peu foufou mais on ne savait pas qu'il allait en arriver jusque-là. Ensuite quand on est rentré au lycée il y a eu un peu de changement. Il commençait à rentrer dans tout ce qui était jihad. On ne le prenait pas vraiment au sérieux, mais ça a pris le dessus. Il partait souvent à la mosquée, avec une djellaba", se souvient-il.

Marie-Caroline Meijer avec Sandra Boulanger et Vincent Deby