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Terrorisme

Comment fonctionne la reconnaissance faciale qui a permis d'identifier l'auteur de l'attaque au couteau

Une jeune fille expérimente la reconnaissance faciale par biométrie, en 2005 à la Cité des sciences et de l'Industrie à Paris (photo d'illustration)

Une jeune fille expérimente la reconnaissance faciale par biométrie, en 2005 à la Cité des sciences et de l'Industrie à Paris (photo d'illustration) - Stéphane de Sakutin-AFP

Un logiciel de reconnaissance faciale a permis d'identifier l'auteur de l'attaque au couteau dans le quartier de l'Opéra samedi soir à Paris. Une technologie de pointe qui n'est pas infaillible.

L'auteur de l'attaque au couteau qui a fait un mort et quatre blessés samedi soir à Paris a été identifié grâce à un logiciel de reconnaissance faciale. Selon Le Parisien, c'est cette méthode qui a permis de mettre un nom sur l'assaillant du quartier de l'Opéra, abattu par les forces de l'ordre, alors qu'aucun document d'identité n'a été retrouvé sur lui. 

Comme l'indique le quotidien, cette méthode est utilisée par la police et la gendarmerie depuis 2013. Dans le cas de Khamzat Azimov, ce terroriste né en 1997 en Tchétchénie, les forces de l'ordre ont pu numériser son visage. L'homme, connu des services de renseignements, était fiché S depuis 2016 en raison de liens avec une personne se trouvant en Syrie. Sa photo était donc enregistrée.

Une quarantaine de points de mesure

Comme le détaille le quotidien, le logiciel analyse une quarantaine de points de mesure du visage. Il établit ensuite une représentation, appelée "signature", à partir de plusieurs caractéristiques, comme les rides, la forme des lèvres ou du nez, les sourcils, le menton et même le grain de peau. Les cheveux et vêtements sont exclus du processus. Quant à la barbe, un élément jugé instable tout comme une cicatrice ou une blessure, elle est "pondérée".

Cette signature est ensuite comparée à une base de données, des clichés anthropométriques conservés dans le fichier de traitement d'antécédents judiciaires (Taj). Le logiciel propose alors des profils pouvant correspondre, par ordre de pertinence.

Plus difficile avec les images de vidéosurveillance

Dans le cas de Khamzat Azimov, la reconnaissance a été relativement simple, selon Le Parisien. L'homme était également enregistré dans le Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT). Mais ce n'est pas toujours le cas, notamment lorsque la photo du suspect est de mauvaise qualité -c'est le cas avec les images de vidéosurveillance- ou s'il porte des lunettes ou une casquette. 

Si cette technologie a permis en Chine d'arrêter un suspect dans une foule de 60.000 personnes, elle a montré ses limites au Royaume-Uni. Sur 2.470 personnes identifiées lors d'un événement l'été dernier, 92% étaient de "faux positifs". En France, le taux d'erreur serait en moyenne de 20%, selon un rapport de 2016 du Centre de Recherche de l'École des officiers de la gendarmerie nationale, qui pointait également les limites de la reconnaissance faciale.

C.H.A.