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Attentats de Paris: Salah Abdeslam a choisi la stratégie du silence

Depuis son arrestation en Belgique le 18 mars dernier, Salah Abdeslam n'a parlé qu'une seule fois. Le suspect-clé des attentats de Paris du 13 novembre 2015 reste depuis invariablement muré dans le silence.

Ces sept derniers mois, Salah Abdeslam n'a parlé qu'une seule fois. C'était le 19 mars dernier, au lendemain de son arrestation. Pendant deux heures, interrogé par les enquêteurs belges, le terroriste présumé donne alors sa version des attentats de Paris. Il explique que le vrai responsable des attaques est Abdelhamid Abaaoud et assure ne pas connaître les trois kamikazes du Bataclan. Il confie également aux policiers avoir renoncé à se faire exploser au Stade de France.

Il assure qu'il va livrer des informations

Salah Abdeslam laisse ensuite entendre aux enquêteurs qu'il va livrer des informations. Pourtant, à ce jour, ce sont ses seules déclarations. Des propos repris lors d'une conférence de presse du procureur de Paris, François Molins. A partir de ce moment-là, le terroriste présumé se serait peu à peu muré dans le silence. Jeudi dernier, ainsi que l'a révélé BFMTV ce mercredi matin, ses deux avocats ont finalement renoncé à le défendre.

Mis en examen pour assassinats terroristes et suspect-clé des attentats de Paris et de Saint-Denis, qui ont fait 130 morts, Salah Abdeslam, 27 ans, avait été arrêté à Molenbeek, la commune bruxelloise dont il est originaire, avant d'être remis à la justice française le 27 avril.

"Moi je ne parle pas, j'agis!"

"Il y a toute une évolution dans le mutisme", analyse sur BFMTV Sven Mary, son ancien avocat belge. "Il y a les attentats de Bruxelles, puis le transfert, puis les conditions dans lesquelles il vit à la prison de Fleury-Mérogis. Tout cela a accentué son mutisme".

Convoqué à deux reprises par le juge d'instruction depuis son transfert en France, Salah Abdeslam n'a pas dit un mot. Il y a trois semaines, il hurle derrière la porte de sa cellule à un autre détenu: "Personne ici ne me fera parler, je suis protégé par Allah. Moi je ne parle pas, j'agis!"

"On l'a réduit à un rat dans une cage"

Son ancien avocat met en cause les conditions d'incarcération de Salah Abdeslam, détenu à l'isolement et placé sous vidéosurveillance 24 heures sur 24. "On l'a réduit à un rat dans une cage", regrette Frank Berton sur BFMTV. "Et donc il n'a plus rien à dire et il ne dira plus rien. Parce que la seule chose qu'il lui reste, c'est sa parole. Et sa parole il va la garder."

Salah Abdeslam a déjà prévenu: il ne parlera pas lors de sa prochaine audition devant le juge d'instruction qui aura lieu à la fin du mois de novembre.

C.H.A. avec Céline Pitelet