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Attentats de Paris: RMC a rencontré Sonia à sept reprises

RMC a obtenu le témoignage de la jeune femme qui a permis de localiser Abdelhamid Abaaoud quatre jours après les attentats de Paris. Récit des coulisses.

Sonia(*), témoin clé dans l'enquête des attentats de Paris, sort de son silence. RMC a pu rencontrer la jeune femme qui est à l'origine de la localisation du terroriste Abdelhamid Abaaoud à Saint-Denis, quelques jours après les attentats. Un document exceptionnel obtenu après de nombreuses vérifications menées par Claire Andrieux, journaliste à RMC. Invitée de Jean-Jacques Bourdin, elle raconte les coulisses de ce témoignage.

"C'est Sonia qui contacte un jour RMC, en passant par le standard au 32 16, comme de très nombreux auditeurs, car elle se sent abandonnée par les autorités, et pas assez protégée. Elle donne un nom d'emprunt, Emilie, dit qu'elle est en lien avec Hasna Aït Bouhlacene et Abaaoud, et qu'elle a peur des représailles des terroristes."

La journaliste, chargée de la rappeler, vérifie dès le début sa crédibilité.

"J'avais eu accès au dossier des attentats, donc je connaissais le vrai nom de la personne qui avait contacté la police et avait permis de trouver la planque à Saint-Denis. Je lui ai demandé son nom, elle m'a bien donné la même identité que dans le dossier judiciaire. Derrière, je l'ai donc rencontré à sept reprises, pour comprendre notamment pourquoi elle nous avait sollicités", explique-t-elle.

Elle a tenté de dissuader son amie

Devant la journaliste, Sonia livre un témoignage édifiant. Elle raconte comment un jour, son amie Hasna reçoit un appel de son cousin, Abdelhamid Abaaoud, pour lui demander de l'aide logistique. Rapidement, la jeune femme comprend qu'il fait partie des commandos qui ont frappé le 13 novembre, et tente de dissuader son amie de s'impliquer dans ce projet macabre.

"Sonia m'a expliqué qu'elle lui avait montré des vidéos des victimes et des familles en souffrance après les attentats au Bataclan et dans les terrasses parisiennes, avant de se rendre compte qu'elle ne pourrait plus la récupérer. Hasna n'avait qu'une idée en tête: aider son cousin. Et effectivement, elle lui a trouvé cette planque, des costumes et des chaussures comme il lui a demandé", conclut Claire Andrieux.

Depuis les faits, Sonia n'a pas porté plainte, et aucune enquête n'est en cours. Néanmoins, la jeune femme se sent menacée, "et c'est le coeur de sa démarche quand elle contacte RMC pour la première fois", explique la journaliste. "Le ministère de l'Intérieur nous dit qu'il y a un dispositif de protection et de surveillance important à son égard, mais comme autour d'elle il n'y a pas de policier physiquement présent, elle n'en a pas conscience. Et psychologiquement, elle n'a pas de soutien."

(*) prénom modifié

la rédaction