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Attentats de Paris: les versions contradictoires des deux "chauffeurs" d'Abdeslam

Hamza Attou et Mohammed Amri ont été arrêté lundi à Molenbeek en Belgique.

Hamza Attou et Mohammed Amri ont été arrêté lundi à Molenbeek en Belgique. - John Thys - AFP

Hamza Attou et Mohammed Amri sont allés récupérer Salah Abdelslam, terroriste présumé des attentats de Paris, samedi dernier à Paris. S'ils assurent ne rien savoir des desseins jihadistes de leur ami, certains des détails de leur trajet retour vers la Belgique diffèrent.

"Est-ce que tu sais me dépanner, venir me chercher à Paris?" Il est 5 heures du matin samedi 14 novembre. Salah Abdeslam, considéré comme l'un des terroristes des attentats de Paris, demande de l'aide à deux complices pour quitter le territoire français. Au bout du fil, Hamza Attou et Mohammed Amri sont à Bruxelles. Il ne leur en faut pas plus pour qu'ils quittent le capitale belge direction la France. Là ils récupèrent Salah Abdelslam et reprennent le chemin de la Belgique. Ils se feront contrôler à trois reprises par les forces de l'ordre le même jour, sans jamais se faire inquiéter.

Mais depuis lundi et une opération policière à Molenbeek, un quartier de Bruxelles où Salah Abdelslam aurait pu se cacher, les deux responsables de son "exfiltration" se trouvent entre les mains de la justice belge. Vendredi, ils comparaissaient devant la chambre du conseil, l'équivalent du juge d'instruction français. Tous deux ont été maintenus en détention. Les enquêteurs cherchent désormais à savoir quel a été leur rôle précis dans ces attentats: simples chauffeurs ou artificiers actifs dans la préparation des attaques de Paris.

Un trajet dans le silence

D'après la radio belge RTL info, Hamza Attou et Mohammed Amri ont réaffirmé devant la justice ne rien savoir concernant la présence vendredi dernier de Salah Abdeslam à Paris. "Ils n’ont pas parlé de ça avec Salah et Salah ne leur en a pas parlé", assure Me Carette, l'avocat d'Amri, assurant que le terroriste présumé "leur a caché des choses". Tout au long du trajet retour, Abdeslam aurait dormi à l'arrière du véhicule qui le ramenait en Belgique.

Cette nouvelle audience a toutefois été, pour les deux accusés, l'occasion de s'expliquer sur la présence supposée de produits permettant la fabrication d'engins explosifs à leur domicile, notamment du nitrate d'ammonium, et des munitions. Les avocats d'Attou l'assurent: il n'y avait pas de telle substance chez leur client. "Ce n’est pas des munitions, c’est trois douilles et il a des explications par rapport à cela et ses explications sont en cours de vérification", a précisé Delphine Paci, l'une de ses conseils.

"Type invivable"

Plus problématique: les versions d'Hamza Attou et de Mohammed Amri ne coïncident pas. Quand l'un explique aux policiers avoir déposé Salah Abdeslam samedi au stade Roi Baudouin, l'autre assure qu'il est descendu du véhicule à un peu plus de 6 kilomètres de là, à Molenbeek dans ce quartier, abri de jihadistes présumés. Sur cette question, les avocats n'ont pas tenu à s'exprimer.

Leur réputation pourrait également les desservir. Mohammed Amri, un Français de 27 ans, habite Molenbeek depuis trois ans. Il vit seul avec sa femme. Sur RMC, certains de ses voisins décrivent "un type invivable" dont ils avaient "peur". Son casier judiciaire en est un exemple: il avait été arrêté en 2009 pour coups et blessures volontaires. 

J.C.