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Attentats de Paris: le travail de fourmi des experts de la police scientifique

Des experts de la police scientifiques dans le bistrot "La Bonne Bière", ciblé par une attaque terroriste, le 14 novembre 2015.

Des experts de la police scientifiques dans le bistrot "La Bonne Bière", ciblé par une attaque terroriste, le 14 novembre 2015. - Kenzo Tribouillard - AFP

Leur rôle dans l'enquête sur les attentats de Paris a été crucial: les experts de la police technique et scientifique ont travaillé sans relâche sur les scènes de crime, au plus près de l'horreur, pour collecter un maximum d'indices sur les suspects et les victimes.

Trois semaines de travail de fourmi. Avec six scènes de crimes cauchemardesques, 130 victimes à identifier, les cadavres en très mauvais état des kamikazes, des centaines de projectiles de kalachnikov et des dizaines de perquisitions menées, la police scientifique travaille sans relâche depuis les attentats de Paris, pour abattre une tâche aussi immense que déterminante.

600 scellés ramenés à Lyon 

Venus en renfort à Paris le soir du 13 novembre, pour épauler leurs confrères parisiens, les experts de la sous-direction de la police technique et scientifique de la police judiciaire, dont les locaux sont situés à Ecully, dans la banlieue lyonnaise, ont travaillé nuit et jour sur les scènes des attaques, et dans les décombres de l'appartement de Saint-Denis après l'assaut du 18 novembre.

Leurs recherches étaient multiples, mais elle se sont en grande majorité axées sur les analyses génétiques et balistiques, et sur l'étude des téléphones, explique Le Parisien ce lundi. Au total, près de 600 scellés d'éléments relevés sur les scènes de crime ont été ramenés dans les laboratoires lyonnais, pour y être passés au crible. 

Les empreintes au coeur de l'enquête

Au coeur des analyses: les empreintes. Empreintes digitales, traces papillaires ou ADN, ces marques ont joué des rôles cruciaux dans l'enquête sur les attentats du 13 novembre, aussi bien pour parvenir à identifier les victimes que pour remonter la trace des suspects.

Comme l'explique Le Parisien, il est aujourd'hui possible de relever des empreintes sur quasiment tous les supports. Grâce au Fichier automatisé des empreintes digitales (FAED), les enquêteurs peuvent faire de premières vérifications et un premier tri, avant de poursuivre le travail de comparaison à l'oeil nu. 

Les experts procèdent également à des analyses balistiques. Objectif: faire parler les armes utilisées par les terroristes en passant au peigne fin les impacts, les rayures et les douilles, afin de retrouver et d'identifier l'arme qui a tiré les balles, et de remonter son histoire. 

L'analyse des téléphones

Les téléphones portables et smartphones sont un autre terrain d'analyse des experts de la police technique et scientifique, et peuvent représenter une mine d'indices. Données stockées et informations de connexions permettent de déterminer les déplacements des suspects, pour savoir où ils se trouvaient et à quel moment. C'est ainsi, grâce aux données issues des téléphones, que les enquêteurs ont pu mettre en évidence le fait qu'Abdelhamid Abaaoud était revenu sur les lieux des attaques, le soir des faits. 

Juste après les attentats, comme pour chaque enquête, les opérateurs mobiles ont été mis à contribution pour reconstituer le parcours des terroristes via la géolocalisation, ou pour placer sur écoute des suspects. 

Adrienne Sigel