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Attaque du Thalys: un an après, le mystère El Khazzani reste entier

Le 21 août 2015, un carnage a sans doute été évité à bord du Thalys reliant Amsterdam à Paris. Après avoir ouvert le feu dans une rame, Ayoub El Khazzani a été maîtrisé par des passagers. Incarcéré depuis un an, il s'obstine à garder le silence, alors que l'enquête suit son cours.

Un an après son attaque dans une rame du train Thalys entre Amsterdam et Paris où il avait fait plusieurs blessés, Ayoub El Khazzani, un Marocain de 26 ans, est toujours derrière les barreaux.

Mis en examen pour tentatives d'assassinats, association de malfaiteurs et détention d'armes, en lien avec une entreprise terroriste, il est en détention provisoire dans les Yvelines, à Bois d'Arcy. L'enquête suit son cours, mais le seul inquiété dans cette affaire s'obstine à garder le silence.

La piste djihadiste privilégiée

Lors de sa garde à vue, en août 2015, il avait nié toute motivation terroriste et expliqué qu'il voulait braquer le train, à l'aide d'armes qu'il aurait trouvées par hasard dans un parc en Belgique. Mais comme l'avaient souligné François Molins, le procureur de Paris, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et comme le pensent les enquêteurs en charge de l'affaire, cette thèse est peu probable. Après l'attaque, le Premier ministre belge Charles Michel n'avait pas hésité à employer le terme "d'attaque terroriste".

Il est avéré qu'Ayoub El Khazzani était fiché S et repéré par les renseignements français et belges et a visionné une vidéo djihadiste dans le train, juste avant son attaque. Placé à l'isolement, il a l'interdiction en prison de parler aux autres détenus, pour éviter tout risque de propagande djihadiste.

Aucune complicité avérée

Vivant en Belgique au moment des faits, Ayoub El Khazzani aurait aussi vécu un an en Espagne, où les autorités l'avaient signalé, avant de déménager en France. D'après l'antiterrorisme espagnol, il aurait aussi voyagé en Syrie, avant de revenir dans l'Hexagone.

L'enquête tâche depuis des mois d'identifier d'éventuelles complicités. En juin dernier, le parquet fédéral belge a annoncé avoir interpellé six personnes dans le cadre de l'enquête. Après avoir été auditionnées, toutes ont été relâchées. Côté français et côté belge, les enquêteurs n'ont donc pour le moment identifié aucune complicité.

C.V. avec Alexandra Gonzalez et Benoît Durand Kriegel