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Attaque des Champs-Elysées: le récit des événements

Retour sur l'attaque terroriste sur la célèbre avenue des Champs-Elysées, au cours de laquelle un policier a été tué et deux autres blessées. Une passante a également été atteinte par un éclat de balle. Cette attaque a été commise à moins de trois jours du premier tour de la présidentielle.

Jeudi soir, vers 21 heures, à Paris. A trois jours du premier tour de l'élection présidentielle, les célèbres Champs-Elysées accueillent touristes, badauds et riverains qui vaquent à leurs occupations. Il ne peuvent se douter que quelques minutes plus tard, le quartier sera entièrement bouclé et qu'ils seront confinés pour plusieurs heures par les forces de l'ordre dans les boutiques, restaurants et bureaux qui bordent l'avenue.

Au même moment, les onze candidats à la présidentielle ont déjà commencé à se succéder dans l'émission Quinze minutes pour convaincre, sur France 2, pour présenter leurs engagements s'ils accèdent au palais de l'Elysée, au bas de la même avenue. Retour sur des événements qui ont bouleversé la soirée de jeudi, et la fin de la campagne présidentielle.

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> 20h50: l'assaillant ouvre le feu

A hauteur du 104 de l'avenue des Champs Elysées, devant le magasin Marks & Spencer, un homme arrive en voiture peu avant 21 heures. Il sort de son véhicule et ouvre le feu à l'arme automatique sur les occupants d'un car de police. L'assaillant tue un policier assis à l'avant du véhicule et prend la fuite en courant. Tandis qu'il tente de s'échapper, il tire sur deux autres policiers, blessant grièvement l'un d'eux au bassin. Le troisième policier visé est touché par une balle qui a ricoché sur son gilet pare-balles.

Une passante, une jeune femme allemande qui vit à Paris depuis quelques années est elle aussi atteinte par un éclat de balle. Blessé au talon, elle doit selon nos informations être opérée.

> Les tirs de riposte neutralisent l'agresseur

L'agresseur a été "abattu en riposte", a expliqué rétrospectivement le ministère de l'Intérieur. Une source judiciaire a aussi confirmé le décès de l'assaillant. Les collègues présents sur l'avenue réagissent rapidement: l'assaillant est abattu.

> Le quartier est bouclé, panique au métro 

Selon plusieurs témoins, la fusillade a été "brève". "On a entendu des tirs comme une pétarade et on a vu une attaque sur des policiers, on est partis en courant", a expliqué un témoin. "Les gens couraient, se bousculaient et se cognaient aux tables", raconte une cliente qui dînait tranquillement dans une brasserie du quartier.

"C'était la panique au métro Franklin-Roosevelt, les gens couraient dans tous les sens", témoigne une femme qui se trouvait aux abords des Champs-Elysées. Les serveurs nous ont sommé de partir et d'évacuer par l'arrière du restaurant, mais il n'y avait pas de sortie donc on a dû se planquer dans l'arrière-cour". "Quelqu'un a dit: 'ça a canardé', j'ai cru que j'allais y passer. Les serveurs ont éteint les lumières" et puis les pompiers sont arrivés.

Les stations George V, Franklin-Roosevelt et Champs-Elysées-Clemenceau sont fermées par mesure de sécurité.

Très vite, les personnes présentes sur l'avenue sont évacuées. Celles présentent dans les boutiques ou les restaurants sont donc confinées avec interdiction de sortir. Les rideaux de fer des enseignes sont abaissés.

Des dizaines de voitures de police et de cars de CRS convergent sur le lieu de l'attaque. Forces de l'ordre, pompiers et autres secouristes sillonnent l'avenue avec nervosité. Des policiers remontent des sacs-poubelle transparents à moité pleins, récupérant les poubelles de l'avenue pour les analyser. La police scientifique commence son travail d'investigation, notamment sur le véhicule de l'assaillant.

> La nouvelle de l'attaque bouscule la fin de campagne

Vers 22h15, Emmanuel Macron est le premier à réagir à sur France 2: "Cette menace, cet impondérable, fait partie du quotidien des prochaines années. Je veux témoigner toute ma solidarité à l'égard de nos forces de police et plus largement nos forces de l'ordre. Et je veux avoir une pensée pour la famille de la victime".

Les autres candidats déjà passés, comme Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, ont réagi sur les réseaux sociaux, alors que le Premier ministre Bernard Cazeneuve se rendait à l'Elysée retrouver le président Hollande.

François Fillon et Marine Le Pen font savoir qu'ils annulent leurs derniers déplacements de campagne prévus vendredi, respectivement une randonnée à Chamonix et une visite dans un refuge pour animaux.

> François Hollande évoque une attaque "d'ordre terroriste"

Vers 23h20, le président de la République prend la parole à l'issue d'une réunion de crise qui a réuni à l'Elysée le Premier ministre Bernard Cazeneuve et le ministre de l'Intérieur Matthias Fekl. L'air grave, François Hollande se dit "convaincu" que l'attaque est "d'ordre terroriste". Il promet "une vigilance absolue" pour le scrutin de dimanche.

Le président annonce qu'un hommage national sera rendu au policier tué, et la tenue d'un conseil de défense dès vendredi 8 heures.

> Une perquisition est menée au domicile du suspect

En Seine-et-Marne, le domicile de l'assaillant présumé, titulaire de la carte grise du véhicule utilisé pour l'attaque, est perquisitionné. On apprend par une source proche de l'enquête que l'individu faisait l'objet d'une enquête antiterroriste pour avoir manifesté son intention de tuer des policiers.

On apprendra plus tard que ce Français de 39 ans, qui avait manifesté son intention de tuer des policiers, avait été arrêté le 23 février puis relâché le lendemain, car la justice estimait qu'il n'y avait pas assez d'éléments pour révoquer sa liberté conditionnelle. Il avait déjà été condamné en 2005 à quinze ans de réclusion pour tentatives d'homicide volontaire, notamment sur un policier en Seine-et-Marne.

> Daesh revendique l'attaque

Vers 23h45, l'agence Amaq, l'organe de propagande de Daesh, revendique l'attaque et révèle le nom de celui qu'elle croit être le terroriste: "L'auteur de l'attaque des Champs-Elysées dans le centre de Paris est Abu Yussef le Belge, et c'est un des combattants de l'Etat islamique", écrit Amaq.

Une heure plus tard, le procureur de la République de Paris François Molins annonce que "l'identité de l'attaquant est connue et a été vérifiée". S'exprimant devant la presse près du lieu de l'attaque, le magistrat refuse de donner l'identité de cet homme, en raison des nécessités de l'enquête. Des perquisitions et investigations sont en cours pour établir "s'il a bénéficié ou pas de complicités", poursuit François Molins, qui doit tenir un point presse ce vendredi.

David Namias