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Attaque de Strasbourg: le point sur l'enquête à 17 heures

Un important dispositif est mis en place pour traquer le suspect.

Un important dispositif est mis en place pour traquer le suspect. - AFP

750 policiers et gendarmes sont toujours déployés pour retrouver Cherif Chekatt, soupçonné d'avoir tué au moins trois personnes mardi dans le centre-ville de Strasbourg. Le bilan s'est alourdi dans la matinée, avec la mort de l'homme qui se trouvait en état de mort cérébrale depuis l'attaque.

La traque se poursuit. Depuis plus de 40 heures, les autorités sont mobilisées pour tenter de retrouver Cherif Chekatt, soupçonné d'avoir tué au moins trois personnes mardi soir dans le secteur du marché de Noël à Strasbourg. Le profil de l'homme, blessé par des militaires de l'opération Sentinelle avec lesquels il a échangé des coups, se dessine peu à peu. 

Plusieurs opérations policières ont été menées dans le quartier du Neudorf, où la trace du fugitif a été perdu mardi soir. Aux alentours de 15 heures, et pendant plus d'une heure, les policiers ont procédé à des vérifications à la suite de l'appel à témoin lancé mercredi. Un grand nombre de témoignages leur sont parvenus. Il s'agissait de les vérifier.

La traque se poursuit

750 membres des forces de l'ordre sont désormais déployés pour tenter de retrouver la trace de Cherif Chekatt. Au cours de la journée, 30 gendarmes ont été ajoutés au dispositif composé de 200 militaires, dont le Groupement d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN). Au gendarme s'ajoute les renforts côté police: 100 agents de la police judiciaire, des agents de la sécurité publique et des membres des CRS. Des effectifs de la Brigade de recherche et intervention (BRI), du Raid et de la SDAT (Sous-direction de l'antiterrorisme) sont également mobilisés.

L'accent est mis sur la ville de Strasbourg. Les autorités ont perdu la trace de Cherif Chekatt dans le quartier du Neudorf. Mardi soir après avoir tiré sur des passants avec une arme de collection datant du 19e siècle, et fait usage d'un couteau, il a pris un taxi qu'il a dirigé vers cette zone au sud de l'hypercentre de Strasbourg. Le chauffeur l'a déposé un peu avant prétextant un problème technique. Après avoir échangé de nouveaux coups de feu avec des policiers, il a pris la fuite. Un chien pisteur a suivi sa trace jusque dans le quartier avant de la perdre. Il pourrait toujours s'y trouver.

Des vérifications emmènent les policiers vers l'Allemagne dont la frontière se trouve à quelques kilomètres. Le suspect y a déjà été condamné. La police aux frontières est également en renfort dans les aéroports, les gares et les routes frontalières où des contrôles d'identité sont effectués et l'ouverture des coffres est imposée.

  • Un appel à témoins a par ailleurs été lancé mercredi soir avec la possibilité d'envoyer des photos ou des vidéos.

Le profil du suspect

Cherif Chekatt, 29 ans, est né à Strasbourg et y a grandi. Il a arrêté ses études assez tôt, a enchaîné les petits boulots. Il a été condamné à 27 reprises pour des faits de droits communs, pour vols et violences principalement. Il a également 67 mentions au TAJ, traitement des antécédents judiciaire. La première a été inscrite quand il avait 10 ans. Il a également fait de la prison en Allemagne et en Suisse.

Fiché S depuis janvier 2016 à sa sortie de prison après un signalement de l’administration pénitentiaire qui repère sa radicalisation, il a été inscrit en mai 2016 au FSPRT (Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste). Une affiche de Ben Laden avait notamment été retrouvée dans sa cellule en 2008. Il était surveillé de près par la DGSI. Aucun élément n’a toutefois alerté sur un possible passage à l’acte.

Au chauffeur de taxi qui l’a transporté, le suspect a dit ce qu’il avait fait, et lui a dit qu’il avait fait cela pour "venger ses frères morts en Syrie".

L'entourage en garde à vue

Quatre membres de la famille de Cherif Chekatt, son père, sa mère et deux de ses frères, ont été placés en garde à vue dans la nuit de mardi à mercredi. Ce jeudi en fin de matinée, une cinquième personne a été interpellée et placée en garde à vue. Il s'agit d'un homme de son entourage.

Selon nos informations, deux soeurs de Cherif Chekatt sont entendues en audition libre par la DGSI, la direction générale de la sécurité intérieure. Un de leur appartement à Paris a été perquisitionné dans la journée de jeudi.

L'interpellation manquée

Mardi matin, les gendarmes de Strasbourg étaient venus l'interpeller à son domicile dans le cadre d'une enquête sur une tentative d'assassinat. Selon nos informations, en août dernier, la victime de cette tentative d'assassinat dormait chez un ami, chauffeur de taxi. Ce dernier est réveillé en pleine nuit par les cris de son ami. Il découvre, stupéfait, trois malfaiteurs encagoulés venus pour séquestrer cet ami, et le dépouiller. Le chauffeur réussit à prendre la fuite mais pas la victime qui reçoit un coup de couteau à la gorge. Le jeune homme a été dans le coma pendant plusieurs semaines. Aux enquêteurs, il a indiqué ne pas avoir vu le visage des malfaiteurs. Les gendarmes sont remontés aux agresseurs, et notamment à Cherif Chekatt, grâce à leur camionnette louée.

Des membres des services de renseignements (DGSI et Renseignement territorial) étaient présents, en observateurs avec les gendarmes, ce qui montre qu’il était toujours suivi. Si Cherif Chekatt n'a pas été pris, six autres suspects sont interpellés, dont 2 fichés S.

Le bilan s'alourdit

Le bilan est désormais de trois morts. La personne en mort cérébrale a été officiellement morte ce jeudi. Il s'agit d'un homme qui se rendait au marché de Noël avec sa femme et ses enfants. Un homme l'a interpellé par derrière, tapant sur son épaule, en lui disant 'Eh monsieur', il s'est retourné et il s'est pris une balle", a témoigné son cousin Sébastien au micro de RMC.

Parmi les autres personnes tuées par l'assaillant, figure un Strasbourgeois d'une soixantaine d'années, tué à la sortie d'un restaurant. Il attendait sa femme et son fils à l'extérieur lorsque l'assaillant est arrivé sur la terrasse. Touché à la tête, il est mort avant l'arrivée des secours. Un touriste thaïlandais de 45 ans, venu profiter des illuminations de Noël avec sa femme, a lui aussi été tué par le tireur.

  • Une quatrième victime, qui a été grièvement blessé lors de l'attaque, est en état de mort cérébrale. 5 personnes sont blessées grièvement et 8 plus légèrement.
Justine Chevalier avec le service police-justice de BFMTV