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"Il se retourne et tire à deux reprises": le récit des policiers qui ont croisé la route de Cherif Chekkat

Des policiers ont échangé des coups de feu avec le tueur présumé de Strasbourg.

Des policiers ont échangé des coups de feu avec le tueur présumé de Strasbourg. - AFP

Des policiers ont tenté d'interpeller Cherif Chekkat après que celui-ci a tiré à plusieurs reprises et utilisé un couteau contre plusieurs victimes dans le centre-ville de Strasbourg. Un collègue des agents raconte.

A plusieurs reprises, Cherif Chekkat a réussi à échapper aux forces de l'ordre. Une première fois, dans l'hypercentre de Strasbourg juste après avoir échangé des tirs avec des militaires de l'opération Sentinelle qui ont tenté d'arrêter son périple mortel. La seconde fois, quelques minutes après avoir été déposé par un chauffeur de taxi à proximité du quartier du Neudorf. 

"Il a essayé, malheureusement il n’a pas réussi", confie Emmanuel Georg, collègue de l'un des policiers qui a croisé la route du tueur présumé de Strasbourg.

Zone de fret

Après avoir tiré et blessé des passants près du marché de Noël, Cherif Chekkat a pris un taxi. Il n'a pas donné d'adresse précise au chauffeur mais l'a guidé direction le quartier du Neudorf. Peu avant ce point, le chauffeur a prétexté un problème technique sur son véhicule pour mettre fin à cette course au cours de laquelle le tireur confie avoir tué des gens. C'est à proximité du commissariat de Strasbourg que des effectifs vont croiser la route de ce dernier, une fois l'alerte générale donnée.

"Les motards viennent voir les collègues qui progressent à pied qui leur disent 'on vient de se faire tirer dessus', raconte Emmanuel Georg. Ils se séparent, mon collègue, avec un motard, montent sur des garages qui sont à 8-10 mètres de hauteur pour avoir une vue d’ensemble, parce qu’on se trouve dans une zone de fret, c’est un grand groupe de transporteur. Ils progressent sur le toit et ils voient l’individu à 40-50 mètres. "

"Il a tiré vers mes collègues pour essayer de les toucher"

Immédiatement, le policier qui travaille à la brigade canine s'identifie et crie "police". Une procédure classique:

"On venait de subir une attaque, on sait qu’un individu est en fuite, armé, poursuit le policier. On se retrouve à quelques mètres de l'endroit où il aurait été déposé par un chauffeur de taxi. Plein de circonstances qui font que chaque personne que l’on peut rencontrer peut être potentiellement l’auteur des faits."

Le tireur, alerté de la présence des policiers, n'hésite pas. "Il n'a pas tiré en l'air. Il a tiré vers mes collègues pour essayer de les toucher, les abattre", poursuit Emmanuel Georg.

"Quand il entend 'police', il se retourne et tire à deux reprises. Mon collègue avec le G36, le fusil mitrailleur, ouvre le feu, tire à trois reprises sur l’individu, il le voit s’écrouler ou se cacher entre deux voitures. Comme c’est la pénombre, l’endroit n’est pas très éclairé, le temps de descendre de ce garage, ils font une petite progression, l’individu n’était plus là."

Désormais, les policiers n'ont qu'une idée: retrouver le suspect.

"C’est un mélange d’émotion très forte. On a des victimes, un auteur en fuite. (...) Et il y a un sentiment de frustration. On veut l’interpeller, on veut qu’il réponde de ses actes devant la justice", insiste Emmanuel Georg, qui rappelle que tous les policiers, même ceux en congés ou en repos, sont venus prêter main forte mardi soir.

Mais, ils savent que la tâche ne sera pas facile: "Le problème c’est que l’individu connait parfaitement Strasbourg, il sait comment rejoindre un point à un autre."

Justine Chevalier