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Attaque de Strasbourg: enquête, traque du suspect, profil de l'assaillant... le point à 22 heures

Au lendemain de l'attaque qui a fait seize victimes à Strasbourg - deux morts, une personne en état de mort cérébrale et treize blessés - le principal suspect est toujours en fuite. Les forces de l'ordre sont à la recherche d'un homme de 29 ans, multirécidiviste et fiché S.

La traque continue depuis qu’un homme a ouvert le feu sur des passants aux abords du marché de Noël, à Strasbourg, mardi soir. Lors de son assaut meurtrier, le suspect a tué deux personnes, une autre est en état de mort cérébrale et douze sont blessées, dont certains dans un état d'urgence absolue. Au lendemain de l'attaque, les forces de l'ordre sont parvenue à identifier le principal suspect et 720 policiers et gendarmes sont à sa recherche. BFMTV fait le point sur la situation. 

  • Où en est l'enquête ?

"Au regard du lieu ciblé, du mode opératoire et de son profil", les motivations terroristes du tireur de Strasbourg sont désormais confirmées, alors que des témoins assurent l'avoir entendu crier "allahou Akbar" au moment de l'assaut, a annoncé ce mercredi le procureur de la République de Paris, Rémi Heitz. Le parquet antiterroriste a été saisi et une enquête a été ouverte pour "assassinat, tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteur terroriste".

Le suspect a ouvert le feu mardi peu avant 20 heures à l'aide d'une arme de poing, il a aussi utilisé un couteau. Il s'est rapidement retrouvé face à quatre militaires de l'opération Sentinelle, a tiré dans leur direction et a essuyé des tirs de ripostes qui l’ont blessé au bras. Le tireur a ensuite pris la fuite à bord d'un taxi jusqu'au quartier du Neudorf. 

"De nombreuses investigations pour localiser le fugitif sont en cours, plusieurs perquisitions dans des lieux que celui-ci est susceptible de fréquenter ont été menées", a précisé le procureur de Paris ce mercredi. Quatre proches du mis en cause, dont le père, la mère et deux frères ont été placés en garde à vue cette nuit, selon nos informations.

Les forces de l'ordre doivent également vérifier l'emploi du temps et l'itinéraire du suspect et déterminer s'il a pu bénéficier d'une quelconque aide de complices.

Lors d'une perquisition réalisée mardi matin à son domicile, une grenade, un pistolet et quelques textes en arabes ont été retrouvés. Toutefois, parmi ces éléments, rien ne permet de le relier à Daesh, selon nos informations.

  • Quel est le profil de l'assaillant ?

Le suspect, est un strasbourgeois de 29 ans au parcours chaotique. Il a très tôt arrêté ses études et enchaîné les petits boulots. Délinquant multirécidiviste, le jeune homme est bien connu des services de police qui le qualifient de "très provocateur" notamment par le biais de "discours anti-Etat". Son casier judiciaire, très fourni, contient 27 condamnations, pour des faits commis en France, en Allemagne mais aussi en Suisse. Selon nos informations, il y a 67 mentions au fichier de traitement des antécédents judiciaires dont la première a été inscrite quand il était âgé de 10 ans.

Il est suivi par les services de la DGSI, en 2015, lorsqu'il sort de prison, après un signalement de l'administration pénitentiaire qui évoquait des signes de radicalisation. Quelques mois plus tard, en janvier 2016, il est aussi inscrit au FSPRT, le Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste, et fiché S en mai. Ces derniers mois, il était suivi de près par les services de la DGSI ainsi que son entourage, sans qu'aucun signe n'alerte sur un possible passage à l'acte.

  • Comment s'organise la traque du principal suspect ?

Plus de 700 membres des forces de l'ordre sont mobilisées pour une traque complexe, au périmètre étendu. "La possibilité qu'il ait quitté le territoire ne peut être exclue", a admis le secrétaire d'Etat à l'Intérieur, Laurent Nunez, sur France Inter ce mercredi. Par conséquent, les frontières ont été bouclées et un périmètre de surveillance est toujours maintenu autour de la ville de Strasbourg. 

  • L'hommage des politiques

Rassemblés à l'Assemblée nationale ce mercredi après-midi, les députés ont observé une minute de silence en hommage aux victimes de la fusillade de Strasbourg. Richard Ferrand, le président de l'hémicycle, a condamné une attaque "lâche et aveugle". Et d'ajouter: "Une nouvelle fois, je tiens à saluer la réaction et la mobilisation des services de secours et de santé, de nos forces de sécurité intérieure, policiers et gendarmes, mais aussi les militaires de la force Sentinelle".

Le député du Bas-Rhin, Bruno Studer, s'est quant à lui montré ému à l'évocation de cet attentat. "Hier soir, un strasbourgeois né à Strasbourg, un alsacien né en Alsace, un Français né en France et n'ayant grandi nulle part à ailleurs qu'à Strasbourg, a décidé pour des raisons que l'enquête déterminera, de semer la terreur sur le marché de Nöel de Strasbourg (...) Cet homme a commis l'inimaginable en assassinant des personnes venues profiter de l'ambiance des Fêtes", a-t-il déclamé. Il en a profité pour dénoncer les complotistes qui estiment que c'est la République qui a organisé l'attentat, désignant sans les nommer les gilets jaunes, avant de conclure: "Noël ne sera plus jamais Noël à Strasbourg".

Ambre Lepoivre