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Surveillants agressés par un détenu jihadiste: appel à un "blocage total" des prisons lundi

la prison de Vendin-le-Vieil

la prison de Vendin-le-Vieil - BFMTV

Après l'agression de trois surveillants par un détenu jihadiste dans la prison de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais, la veille, les syndicats pénitentiaires lancent ce vendredi un appel à un "blocage total"des prisons lundi.

Les syndicats pénitentiaires lancent ce vendredi un appel à un "blocage total"des prisons lundi après qu'un détenu jihadiste, Christian Ganczarski, a agressé trois surveillants la veille dans l'établissement de Vendin-le-Vieil dans le Pas-de-Calais. 

Deux organisations dénoncent un "laxisme" 

L'Ufap-Unsa Justice, syndicat majoritaire, et la CGT Pénitentiaire ont en effet appelé vendredi dans un tract commun à "un blocage total" des prisons françaises à compter de lundi 06H00.

Dénonçant le "laxisme" des gouvernements successifs face au traitement des détenus radicalisés les plus violents, les deux organisations appellent "l'ensemble des personnels pénitentiaires (...) à participer aux actions de blocage total des structures", après une première journée de débrayage vendredi dans une bonne partie des établissements du pays.

Au centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil, trois gardiens ont été blessés jeudi à l'arme blanche par l'islamiste allemand Christian Ganczarski, un des instigateurs de l'attentat contre la synagogue de Djerba (Tunisie), qui avait fait 21 morts en avril 2002. Cet ancien cadre d'Al-Qaïda effectuait la fin de sa peine dans cette prison ultra-sécurisée qui doit accueillir prochainement Salah Abdeslam, dernier survivant des commandos des attentats du 13 novembre 2015, lors de son procès en Belgique.

La ministre de la Justice se rendra à Vendin-le-Vieil mardi 

Dans un communiqué e presse, publié ce vendredi en fin d'après-midi, la Garde des Sceaux, Nicole Belloubet, a annoncé qu'elle se rendrait mardi au sein de l'établissement pénitentiaire. il est aussi indiqué que la ministre avait diligenté "une inspection pour faire la lumière sur les conditions et les circonstances ayant conduit à cette agression." Ce samedi, les organisations syndicales seront reçues à la Chancellerie par le cabinet de Nicole belloubet. celle-ci les recevra en personne au cours des jours suivants. 

Les syndicalistes veulent la mise à pied du chef de l'établissement pénitentiaire 

Les syndicats ont demandé de leur côté à être reçus "sans délai par la garde des Sceaux" et exigé "la mise à pied immédiate du chef d'établissement, responsable par ses décisions, de la mise en danger" des surveillants.

Ils critiquent en particulier le récent allègement des conditions de détention de Christian Ganczarski alors qu'il avait été placé à l'isolement avec des mesures renforcées après des écoutes qui laissaient penser à un passage à l'acte imminent.

"Les surveillants, qui connaissent le mieux les détenus, qui les voient toute la journée, ne servent qu'à ouvrir et fermer les portes: on ne les écoute pas. Les conditions de travail sont inadmissibles", a réagi auprès de Christopher Dorangeville, le secrétaire général de la CGT Pénitentiaire, signataire de l'appel à manifester au côté de son homologue de l'Ufap-Unsa, Jean-François Forget.

R.V. avec AFP