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Qui est le détenu qui a agressé deux surveillants à Condé-sur-Sarthe?

Ce détenu de 27 ans a agressé et blessé deux surveillants de la maison d'arrêt de Condé-sur-Sarthe, dans l'Orne, ce mardi. Il purgeait une peine de 30 ans de prison et avait été condamné à un an de détention pour "apologie d'actes de terrorisme".

Après une opération d'environ une heure, les forces de l'ordre sont parvenues à interpeller ce mardi soir Michaël Chiolo, ce détenu radicalisé qui a agressé et blessé avec un couteau en céramique dans la matinée deux surveillants de ce centre pénitentiaire de l'Orne, l'un des plus sécurisés de France. Il s'était retranché avec sa femme qui, selon le témoignage de l'une des victimes, a participé à l'agression. Le détenu a été blessé mais son pronostic vital n'est pas engagé. Sa compagne est en revanche morte des suites de ses blessures. 

Converti à l'islam en 2010, "il y a eu une escalade, une évolution, une dégringolade après son procès devant la cour d’assises", comme l'explique son avocat de l'époque Me Cédric Demagny. Fiché au FSPRT, le fichier pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste, Michaël Chiolo, aujourd'hui âgé de 27 ans, était principalement connu pour des délits de droit commun. En 2014, cet homme a été condamné par la cour d'assises de Moselle à 28 ans puis, en décembre 2015 en appel, à 30 ans de réclusion criminelle pour avoir séquestré et torturé un octogénaire, qui était mort étouffé.

Condamné pour "apologie d'actes de terrorisme"

Les faits se sont déroulés en avril 2012 à Montigny-lès-Metz, en Moselle. La victime était un ancien cheminot, ancien résistant et rescapé des camps nazis visé par Michaël Chiolo et deux complices pour son argent. L'octogénaire, séquestré, était mort asphyxié par le bâillon mis par les trois cambrioleurs. Tous les trois se sont connus dans des foyers. Michaël Chiolo a en effet quitté le domicile familial très jeune avant de vagabonder. Personne ne s'était présenté devant la cour d'assises pour témoigner en sa faveur.

"Il s'agit d'un crime sans foi, ni loi", estime Me Thomas Hellenbrand, avocat de la famille de la victime. Pour exemple, le conseil rappelle qu’au moment où les trois complices ont appris la mort de leur victime, ils ont pris un train pour Paris y revendre les médailles de guerre de l’octogénaire afin de s’acheter de l’alcool.

Son avocate, lors du procès en appel, le décrit comme "intelligent", "cultivé" mais "isolé" de sa famille qu'il a quittée très jeune. "C'était un garçon avec qui il était agréable de discuter", se souvient Me Demagny, qui a vu la bascule après le premier procès. En effet, peu avant sa condamnation en appel, Michaël Chiolo avait fait parler de lui à la prison de Mulhouse. Alors incarcéré, il avait "rejoué", "mimé", avec d'autres détenus les attentats de Paris et Saint-Denis et notamment l'attaque du Bataclan. Jugé en comparution immédiate, il avait écopé d'un an de prison pour "apologie d'actes de terrorisme".

Des faits qualifiés d'"attaque terroriste" 

"Au regard de ses antécédents, il avait été placé dans l'un des établissements les plus sécurisés", a fait valoir Nicole Belloubet, la ministre de la Justice, ce mardi midi à l'issue d'une visite à la cellule de crise de la Chancellerie.

Ce mardi matin, Michaël Chiolo recevait la visite de sa femme en unité de vie familiale, ces appartements meublés où les détenus peuvent recevoir la visite de leurs proches pendant une durée de 6 à 72 heures. Selon le témoignage de l'un des gardiens, cette dernière a simulé un malaise pour le faire venir avec son collègue. Elle a ensuite, elle aussi, attaqué les surveillants. La garde des Sceaux a qualifié les faits "d'attaque terroriste". La section antiterroriste du parquet de Paris a d'ailleurs été saisie, le procureur de Paris doit se rendre sur place.

Justine Chevalier et Cécile Ollivier