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Condé-sur-Sarthe: un détenu agresse deux surveillants et se retranche

La prison d'Alençon-Condé-sur-Sarthe.

La prison d'Alençon-Condé-sur-Sarthe. - AFP

Un détenu radicalisé a poignardé deux surveillants de la prison de Condé-sur-Sarthe avec un couteau en céramique ce mardi matin. Après une heure d'intervention, les forces de l'ordre ont procédé ce mardi soir à l'interpellation du détenu radicalisé et de sa compagne.

Deux surveillants de la prison de Condé-sur-Sarthe dans l'Orne ont été agressés par un détenu radicalisé muni d'un couteau en céramique. L'un des deux agents a été plus grièvement atteint. Tous deux hospitalisés, pour des blessures au ventre et au visage, leur pronostic vital n’est pas engagé.

Le détenu a été interpellé avec sa compagne en début de soirée, au terme d'une heure d'intervention du Raid. 

Le détenu se trouvait avec sa femme

Les faits se sont déroulés aux alentours de 9h45 alors que le détenu, qui n'était ni placé à l'isolement, ni particulièrement surveillé, se trouvait à l'unité de vie familiale avec sa femme. C'est dans ce lieu où les détenus peuvent rester entre 48 heures et plusieurs jours. 

Selon le témoignage de l'un des gardiens blessés, confirmé par des sources policières, la femme du détenu a fait un malaise pour le faire venir avec son collègue. La femme a ensuite, elle-aussi, attaqué les surveillants, toujours selon les dires d'une victime.

Parquet antiterroriste saisi

Le Raid et les Eris de Rennes, les équipes régionales d'intervention et de sécurité, ont été appelés sur place. Le parquet anti-terroriste a été saisi et l'enquête a été confiée à la Sous-direction de l'antiterrorisme, à la DGSI et la police judiciaire de Rennes. 

Une cellule de crise locale et nationale a été mise en place, la ministre de la Justice s'y est rendue dans la journée.

30 ans de prison 

Mickael Chiolo, âgé de 27 ans, a été condamné majoritairement pour des faits de droit commun. Il purgeait une peine de 30 ans de prison pour arrestation, enlèvement, séquestration et torture suivis de mort en juillet 2014 par la cour d'assises de Moselle. La victime était un octogénaire ancien résistant et rescapé des camps nazis. 

Le détenu, qui était libérable en 2038, a également été condamné à un an de prison pour apologie d’actes de terrorisme. En novembre 2015, il avait été jugé pour avoir reproduit dans la cour de la maison d'arrêt de Mulhouse, où il était incarcéré, les attaques de Paris et Saint-Denis qui ont fait 130 morts. Il est repéré pour radicalisation depuis 2010, selon nos informations.

"Nous avons un acte terroriste qui s'est déroulé en prison", a vivement réagi Yoann Karar, le secrétaire général adjoint de FO Pénitentiaire, sur notre antenne.

Le caractère "terroriste" est confirmé par la ministre de la Justice. "Au regard de ses antécédents, il avait été placé dans l'un des établissements les plus sécurisés", a fait valoir Nicole Belloubet.

Justine Chevalier et Cécile Ollivier