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Quatrième soirée de manifestations pour les policiers

François Hollande a annoncé vendredi qu'il recevrait les syndicats de policiers en "début de semaine" prochaine, tentant d'apaiser la grogne qui s'est poursuivie jeudi soir avec des centaines de manifestants à Paris et en région.

Quatrième soirée de mobilisation. Inédite, la manifestation de policiers dans la nuit de lundi à mardi sur les Champs-Elysées n'en finit plus de faire des émules. Comme chaque jour depuis, des actions de forces de l'ordre ont eu lieu ce jeudi soir dans plusieurs villes de France pour signifier le malaise de la profession et leur soutien à leurs quatre collègues blessés par des cocktails Molotov à Viry-Châtillon le 8 octobre, dont un toujours hospitalisé.

Ce malgré les mesures annoncées par le ministre de l'Intérieur pour tenter d'éteindre la grogne, et alors que le mouvement tourne à l'affrontement politique. Dans la nuit de jeudi à vendredi, François Hollande a annoncé, depuis Bruxelles, qu'il allait recevoir "les organisations représentatives de policiers" en "début de semaine" prochaine. Objectif: "développer un programme de travail tout au long des prochains mois", a ajouté le chef de l'Etat. 

A Paris, environ 500 manifestants au Trocadéro

Ces annonces ont été formulées au terme d'une quatrième soirée de manifestations surprises des policiers dans toute la France. Après un rassemblement place de la République à Paris mercredi soir, les agents s'étaient cette fois donné rendez-vous place du Trocadéro, près de la Tour Eiffel.

Les policiers étaient près de 500 sur l'esplanade du Trocadéro, avant de prendre la direction des Champs-Élysées, puis de tenter de rejoindre le ministère de l'Intérieur, avant d'être bloqués par les gendarmes. 

Des policiers manifestent à Paris, jeudi 20 octobre 2016.
Des policiers manifestent à Paris, jeudi 20 octobre 2016. © Image BFMTV

Les manifestants avaient entonné à plusieurs reprises la Marseillaise et scandé "Policiers en colère", "Cazeneuve, démission", "Falcone démission", du nom du directeur général de la police nationale (DGPN) Jean-Marc Falcone. 

Certains avaient brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait notamment lire: "marre d'en prendre plein la gueule", "ras le bol" ou encore "soutien à nos collègues blessés". Après avoir annoncé qu'une délégation serait reçue place Beauvau vendredi, les manifestants se sont dispersés dans le calme peu, avant 1h du matin.

A Lyon, près de 800 policiers place Bellecour

Mais des actions avaient également lieu dans plusieurs autres villes de France. A Lyon, plus de 800 policiers avaient manifesté place Bellecour, quelque 400 à Melun, 120 à Évry, une centaine d'agents à Bobigny, Toulouse, Carcassonne et Bordeaux, une cinquantaine à Montpellier et à Tarbes. 

A Marseille, près de 200 policiers s'étaient rassemblés à 23 heures sur le Vieux Port avant de rallier le palais de justice, sirènes hurlantes et gyrophares allumés.

Rassemblements à Evry, Toulouse, Nice...

A Evry, commune voisine de Viry-Châtillon où des policiers ont été agressés, dans l'Essonne, ils étaient "une petite centaine", comme le rapportait la journaliste de BFMTV Mélanie Vecchio.

Parmi leurs griefs: des horaires à rallonge, une hiérarchie selon eux complètement déconnectée de la réalité, mais aussi un manque de réponse pénale pour les délinquants. Ils réclament plus d'effectifs et plus de moyens. Pas convaincus par les concertations annoncées par Bernard Cazeneuve pour faire remonter les raisons du malaise et tenter d'apaiser la situation, ils ont appelé à amplifier le mouvement. 

Un rassemblement de policiers, dont certains en uniforme, était aussi organisé à Nice. Et à Toulouse, devant le monument aux morts. 

V.R. avec Mélanie Vecchio