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PSG: "Cela ressemble aux violences dans les banlieues"

La fête du titre du PSG a dégénéré mardi au Trocadéro.

La fête du titre du PSG a dégénéré mardi au Trocadéro. - -

Au lendemain des incidents qui ont émaillé les festivités pour le PSG, le consultant en sécurité publique Mathieu Zagrodski assimile ces violences à celles de banlieues.

Les incidents qui ont entaché la fête du PSG lundi ressemblent "aux violences urbaines dans les banlieues" plutôt qu'aux exactions de hooligans, juge le politologue Mathieu Zagrodzki, spécialiste des questions de sécurité, chargé de cours à Sciences Po et habitué des tribunes du Parc des Princes.

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La police a-t-elle sous-estimé l'affluence et les incidents éventuels au Trocadéro?

Il est clair que des effectifs supplémentaires n'auraient pas été de trop et que l'ampleur de la foule n'avait sans doute pas été anticipée. La disparition des groupes ultras structurés, capables de mobiliser leurs troupes en nombre, a probablement laissé penser à certains que l'engouement serait limité. Néanmoins, quels qu'aient été les effectifs prévus, la situation était difficile à gérer du fait de sa configuration: une foule compacte, un lieu certes télégénique mais difficile à contrôler du fait de son étendue et des nombreuses voies d'accès, la présence d'échafaudages...

Quel rôle ont joué les ultras et les interdits de stade dans les violences?

Il y avait effectivement des anciens ultras sur place, qui ont notamment déployé des banderoles pour protester contre la politique du club. C'est ce qui a mis le feu aux poudres, puisqu'ils se sont manifestement accrochés avec le service d'ordre du PSG. Mais ça n'a été qu'un facteur déclencheur. Quand on a des milliers de personnes regroupées dans un endroit et une atmosphère un peu tendue, il suffit d'une étincelle pour déclencher des incidents. Cela vaut pour toutes les manifestations.

Les supporters "historiques" ne sont pas les principaux responsables selon vous?

Il y avait certes environ 200 ultras qui sont venus revendiquer, mais surtout plusieurs centaines de casseurs qui se sont engouffrés dans la brèche. À ma connaissance, il n'y avait pas d'ultras d'Auteuil ou de Boulogne sur les Champs-Elysées dimanche soir et pourtant il y a eu des incidents... La sociologie des supporters du PSG a fortement changé depuis 2010 et la création du placement aléatoire en virages. Ce à quoi nous avons assisté ressemble plus aux violences urbaines dans les banlieues ou aux manifestations étudiantes qui dégénèrent, avec une forte présence de jeunes issus des cités.

Fallait-il organiser ces célébrations au Parc des Princes?

Il est certain qu'il est plus facile d'organiser des célébrations de ce type dans un lieu fermé, où les possibilités de se déplacer et les risques que des incidents débordent sur les rues environnantes sont beaucoup plus limités. Néanmoins, les célébrations organisées quand le PSG a remporté la Coupe des Coupes en 1996 avaient eu lieu au Parc des Princes et avaient quand même donné lieu à des incidents sur la pelouse.


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A. G. avec AFP