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Propos de Guaino sur le juge Gentil: le parquet ouvre une enquête

Henri Guaino contre lequel l'USM porte plainte,  avait persisté dans ses violentes critiques contre le juge Gentil en charge de l'affaire Bettencourt.

Henri Guaino contre lequel l'USM porte plainte, avait persisté dans ses violentes critiques contre le juge Gentil en charge de l'affaire Bettencourt. - -

L'Union syndicale des magistrats a annoncé qu'elle porte plainte contre Henri Guaino, en réponse aux propos "outranciers" de l'ex-conseiller de Nicolas Sarkozy. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire jeudi après le dépôt d'une plainte par l'Union syndicale des magistrats (USM) contre le député UMP Henri Guaino en raison de ses propos sur le juge bordelais Jean-Michel Gentil qui a mis en examen Nicolas Sarkozy dans l'affaire Bettencourt.

"Nous portons plainte pour outrage à magistrat et discrédit jeté sur une décision de justice", avait indiqué Christophe Régnard, président de l'USM, confirmant une information d'Europe 1.

Après les outrances de H #Guaino l'USM saisit officiellement le Procureur de la République de Paris: bit.ly/17s2jja
— USMMagistrats (@USM_magistrats) 11 avril 2013

Après la mise examen de Nicolas Sarkozy pour abus de faiblesse, le député UMP et ex-conseiller spécial de l'ancien président de la République avait estimé sur plusieurs médias, entre le 22 et le 28 mars, que le juge Gentil avait "déshonoré un homme, les institutions, la justice".

Ces faits "d'outrage à magistrat" sont passibles de respectivement un an de prison et 15.000 euros d'amende, et 6 mois de prison et 7.500 euros d'amende.

Des propos "outranciers et attentatoires à l'honneur"

"Henri Guaino a tenu des propos qui, par leur caractère outrancier et attentatoire à l'honneur d'un homme et à l'autorité de la Justice, constituent manifestement des violations des principes édictés par le Code pénal", estime le président de l'USM dans une lettre datée du 9 avril.

L'USM avait initialement demandé à la ministre de la Justice Christiane Taubira d'engager des poursuites contre Henri Guaino. Mais "comme personne ne prend ses responsabilités, nous prenons les nôtres", a expliqué Christophe Régnard.

Dans sa lettre au procureur de Paris, diffusée via le compte Twitter de l'USM, il estime que le droit à la liberté d'expression, dont se prévaut Henri Guaino, "n'est pas sans limites, le législateur ayant voulu protéger des valeurs considérées comme plus importantes que la liberté d'expression elle-même".

A la demande de François Hollande, Christiane Taubira a de son côté saisi le 27 mars le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour qu'il rende un avis sur les conséquences sur "le bon fonctionnement" et la "sérénité" de la justice des propos visant le juge Gentil tenus par des proches de Nicolas Sarkozy.

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D. N. avec AFP