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Procès Séréna: la famille fait bloc autour de la mère de la petite fille

Rosa Da Cruz encourt jusqu'à 20 ans de prison.

Rosa Da Cruz encourt jusqu'à 20 ans de prison. - Georges Gobet - AFP

Rosa Da Cruz est accusée d'avoir caché l'existence de son quatrième enfant, maintenu enfermé dans le coffre d'une voiture durant les deux premières années de sa vie. Pourtant, à la barre, son cercle familial reste uni et se relaie pour assurer la défense d'une "mère aimante".

Pour ce troisième jour d’audience, la cour d'assises de Corrèze a entendu ce mercredi le "clan" familial de Rosa Da Cruz, jugée pour dissimulation et maltraitance sur son quatrième enfant, Séréna. A la barre, la sœur, les nièces et les proches de l'accusée se succèdent émus, voire en larmes, et font l’éloge de cette "bonne mère", "aimante".

Leurs larmes ne sont pas pour la petite fille qui a été maintenue enfermée dans le coffre d’une voiture durant les 23 premiers mois de sa vie mais pour sa mère qui encourt jusqu’à 20 ans de prison. Elodie, la nièce de l’accusée redoute que sa tante "ne voie plus ses enfants".

"Le fait de savoir que ma tante est là [aux assises], ce qu'elle risque, je pense à tous les petits, aux cousins", s'inquiète-t-elle avant d'ajouter: "Quand je parle des petits, je parle aussi de Séréna. Même si je ne l'ai jamais vue, je la connais pas, je la considère de la famille."

Tabou familial

Tous affirment ne pas s’être aperçus de la quatrième grossesse de Rosa Da Cruz, tandis que son avocate et les experts évoquent un possible déni de grossesse. "Je l'ai appris comme tout le monde, ce vendredi-là", le 25 octobre 2013, jour de la découverte de Séréna, assure Elodie. "On s'est tous posé les mêmes questions" après, raconte-t-elle, soulignant la bonne éducation que Rosa Da Cruz a inculquée à ses trois premiers enfants, aujourd'hui âgés de 9, 14 et 15 ans.

"Quelqu'un de très bien", "très proche de ses enfants": les éloges envers l’accusée sont plus fréquents et spontanés que les références à Séréna. A tel point que le président de la cour, Gilles Fonrouge, se demande si le sujet n'était pas un tabou dans cette famille décrite par tous comme unie. "Il y a une solidarité qui s'exprime [...] mais on en oublie la dimension infantile, relève le président. On a l'impression qu'on occulte un peu ce qu'a pu vivre cette enfant" qui présente un handicap et un syndrome autistique jugés irréversible par les experts.

Le procès, qui doit se pencher ensuite sur la personnalité de l'accusée, se poursuit jusqu'à vendredi.

Ambre Lepoivre avec AFP