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Procès Mediator: trois ans de prison ferme requis contre l'ex-numéro 2 du groupe Servier

Une boîte de comprimés de Mediator en novembre 2010 à Brest

Une boîte de comprimés de Mediator en novembre 2010 à Brest - Fred TANNEAU, -, AFP/Archives

Le parquet a requis trois ans de prison ferme contre Jean-Philippe Seta, jugé notamment pour "tromperie aggravée", "escroquerie" et "homicides et blessures involontaires".

Après plusieurs mois d'un procès hors norme, le parquet de Paris a requis ce mardi des amendes d'un montant total de 8,2 millions d'euros à l'encontre du groupe Servier. L'accusation réclame également une peine de trois ans de prison ferme contre l'ancien numéro 2 du groupe, Jean-Philippe Seta, accusé de "tromperie aggravée", "escroquerie" et "homicides et blessures involontaires" dans l'affaire du scandale sanitaire du Mediator.

Mis sur le marché en 1976 comme adjuvant au traitement du diabète mais largement détourné comme coupe-faim, ce médicament a été prescrit à environ cinq millions de personnes pendant les 33 ans de sa commercialisation. Il est tenu pour responsable de centaines de décès. Il n'a été retiré du marché qu'en novembre 2009, alors que de premières alertes sur sa dangerosité ont été émises dès 1995 et que de premiers cas de graves maladies cardiaques ont été signalés dès 1999.

200.000 euros réclamés à l'Agence de sécurité du médicament

Pour le parquet, le groupe pharmaceutique a fait "un choix stratégique et donc parfaitement délibéré" de cacher dès l'origine les propriétés anorexigènes du Mediator en le positionnant comme un antidiabétique. Des "manipulations, dissimulations et manoeuvres" qui se poursuivront "tout au long de l'histoire du médicament", a accusé la procureure. Le groupe Servier et son ancien numéro 2 s'en sont toujours défendus, arguant qu'il n'y avait pas eu de "signal de risque identifié" avant 2009.

Contre l'Agence de sécurité du médicament, poursuivie pour avoir tardé à suspendre la commercialisation du Mediator en dépit d'alertes répétées sur sa dangerosité, l'accusation a également demandé une peine de 200.000 euros d'amende.

AL avec AFP