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Procès du "36": "Très accompagnée" par sa famille, la victime retourne au Canada

Sophie Obadia, avocate de la plaignante.

Sophie Obadia, avocate de la plaignante. - BFMTV

Après plus de deux semaines de procès, la cour d'assises de Paris a reconnu coupables les deux anciens policiers accusés d'avoir violé une touriste canadienne dans leur bureau du 36, quai des Orfèvres, en 2014. L'avocate de la victime salue une décision "qui s'imposait".

"Emily Spanton repart dans son pays, le Canada, accompagnée par sa mère. Elle est très entourée et c’est une force." La trentenaire reprend le cours de sa vie après plus de deux semaines de procès à l'issue desquelles les deux anciens fonctionnaires de la BRI ont été reconnus coupables de viol en réunion. La cour d’assises de Paris les a condamnés jeudi soir à 7 années de prison ferme pour le viol de cette touriste canadienne dans leur bureau en 2014.

Procès "très rude"

"Je m’attendais à cette décision qui a suivi un réquisitoire très bien construit et également ce que nous avons plaidé", a réagi ce vendredi matin sur notre antenne Sophie Obadia, avocate de la plaignante.

L'étape du procès a été "très rude" pour Emily Spanton, souligne l’avocate. "Elle a été malmenée par la défense. Ça ne devrait plus être le cas aujourd’hui. On doit aborder ces procès de viol d’une autre manière. Parler de sa vie privée, qui n’a rien à voir avec les faits au moment où ils sont constatés, c’est aberrant. Pour moi, c’est un dossier très important car il permet de sortir de cette défense des années 70 où on tente de savoir si celle qui vient déposer plainte l’a bien cherché."

"C’est la décision qui s’imposait"

A l’issue des délibérés, les six jurés et les trois magistrats professionnels ont reconnu coupable de viol en réunion ces deux anciens policiers qui ont pourtant nié les faits tout au long du procès.

"Les éléments à charge étaient très nombreux et ce sont des éléments objectifs comme la téléphonie, l’ADN, des éléments concrets", note Sophie Obadia. "Les mensonges étaient si nombreux et les versions si évolutives que, in fine, c’est la décision qui s’imposait.é

Les avocats des deux policiers de la BRI ont d'ores et déjà interjeté appel et déposé une demande de remise en liberté. 

Ambre Lepoivre