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Procès des attentats de janvier 2015: l'émotion des parties civiles face aux images de l'intérieur de Charlie Hebdo

Des images prises dans la rédaction de Charlie Hebdo ont été diffusées au tribunal lors du 4ème jour du procès des attentats de janvier 2015. Un moment particulièrement douloureux pour les proches des victimes.

Des images insoutenables. Au quatrième jour du procès des attentats de janvier 2015, des images panoramiques prises dans les locaux de la rédaction de Charlie Hebdo après l'attentat ont été visionnées par la cour d'assises spéciale. Un moment particulièrement douloureux pour les parties civiles, dont certaines ont préféré quitté la salle.

"On a vengé le prophète Mohammed"

En fin de matinée au tribunal judiciaire de Paris ce lundi, des images prises par des caméras de vidéosurveillance après la tuerie des frères Kouachi dans les locaux du journal satirique ont été diffusées sur grand écran. On y observe les différentes pièces traversées par Chérif et Saïd Kouachi ce 7 janvier, avec la dépouille de plusieurs victimes et des traces de sang.

Rapidement, l'émotion a gagné la salle d'audience. Sigolène Vinson, journaliste de Charlie Hebdo rescapée de l'attaque, quitte la salle en pleurant, suivie par d'autres proches de victimes.

Une diffusion jugée "importante" par Maryse Wolinski, la veuve du dessinateur Georges Wolinski, tué lors de l'attentat. Cette dernière a assisté à l'intégralité de la diffusion pour "cesser les fantasmes".

"J'ai imaginer ces images, donc je pensais que ma présence ici était indispensable", a-t-elle ajouté.

D'autres images sont ensuite projetées, montrant cette fois l'assassinat du policier Ahmed Merabet par les frères Kouachi. Ils semblent froids et déterminés. "On a vengé le prophète Mohammed", lancent-ils avant de poursuivre leur parcours macabre.

"Mettre de l'humanité dans ce procès"

"On est saisi par la motivation que l'on sent très forte des terroristes, des frères Kouachi. On les voit déterminés, sans hésitation", a indiqué lors d'une suspension d'audience Me Caty Richard, avocate de la famille de Bernard Maris, rappelant qu'elle n'était pas uniquement "dans son rôle d'avocat", étant une proche de l'économiste assassiné.

"Il va falloir mettre de l'humanité dans ce procès, car ce qu'on vient de voir, c'est inhumain", ajoute-t-elle.

L'audition de l'ancien chef de la section antiterroriste de la brigade criminelle se poursuit ce lundi, avant le début des auditions des parties civiles mardi.

Par Cécile Ollivier et Esther Paolini