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Policiers en colère: c'est quoi la stratégie du service minimum?

Au 18e jour de la mobilisation des policiers en colère, le mouvement prend d’autres formes que les simples manifestations. De nombreux commissariats ont adopté le service minimum. Une façon de faire entendre leurs revendications.

Les policiers ne décolèrent pas et les annonces faites par le gouvernement ne semblent en rien calmer la grogne. L'attaque au cocktail Molotov contre quatre d'entre eux en Essonne début octobre a mis le feu à la contestation des policiers. Traduisant un mal-être profond de la profession, le mouvement d'une ampleur inédite s'est également diversifié.

A la nuit tombée, des centaines de policiers en civil se rassemblent un peu partout en France. Ces fonctionnaires au statut particulier ne sont autorisés à manifester qu'en dehors de leurs heures de service. Alors pour exprimer leur mécontentement, d'autres ont décidé d'adopter le service minimum, à l'appel d'Alliance, le principal syndicat de police.

"Nous continuons d’assurer la mission pour aider les gens. En revanche nous n’allons pas de notre propre initiative réprimer des petites infractions facilement élucidables et qui vont venir enrichir les statistiques de notre hiérarchie. Ça aujourd’hui, nous nous y refusons", explique un membre de la BAC (Brigade anti-criminalité) à visage caché, en service minimum depuis trois semaines.

La grève des statistiques pour faire pression

Une stratégie que les forces de l'ordre affichent sur les réseaux sociaux. Rangers posées sur le bureau, ordinateurs scotchés, parties de ping-pong, paquets de fast-foods cohabitant avec des tasers... Les gardiens de la paix affichent une étonnante décontraction pour se faire entendre.

Les urgences et rien que les urgences en délaissant la politique du chiffre. Seul moyen selon eux de se faire entendre d'une hiérarchie trop éloignée des réalités de terrain selon eux.

"Nous n’avons pas beaucoup d’armes même si nous sommes policiers pour faire réagir nos gouvernants. Nous avons le devoir de réserve on ne peut pas faire grève donc le seul moyen que nous avons c’est faire baisser les chiffres", affirme un gardien de la paix.

Les fonctionnaires dénoncent le manque de moyens, de personnel, les conditions de travail de plus en plus difficiles. Et même si l'exécutif a débloqué une enveloppe de 250 millions d'euros, les motifs de mécontentement dépassent les revendications économiques. Face à une Justice qu'ils considèrent laxiste, les fonctionnaires réclament également une meilleure réponse pénale et des peines plus fermes envers ceux qui agressent des agents de police. Sans oublier la question de la légitime défense.

Marie-Caroline Meijer avec Cécile Ollivier, Florian Rivais et Clothilde Hazard