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Que risquent les policiers qui manifestent ?

Depuis lundi, les manifestations de policiers se multiplient en France. Les policiers sont des fonctionnaires au statut bien particulier, et ne sont autorisés à manifester qu'en dehors de leurs heures de service.

Ils manifestent la nuit et en civil, tout juste portent-ils le brassard orange d'intervention estampillé "police". Et pour cause, les policiers sont des fonctionnaires au statut particulier. Lorsqu'ils sont en service, la règle est claire: il est interdit de faire grève ou de manifester

"Le policier s'abstient dans l'exercice de ses fonctions, de toute expression ou manifestation de ses convictions religieuses, politiques, ou philosophiques", détaille le code de déontologie.

En dehors des heures de service en revanche le policier a bien le droit de manifester, mais sans uniforme, ni arme, ni véhicule. Une règle qui n'a pas toujours été respectée lors des manifestations qui ont lieu dans l'hexagone depuis lundi.

De la suspension à la révocation

En théorie, les membres des forces de l'ordre venus manifester avec une arme ou un uniforme peuvent être sanctionnés. Cela va d'une simple suspension à la révocation.

Des sanctions qui ne semblent pas être à l'ordre du jour: le chef de la police nationale, Jean-Marc Falcone, l'a annoncé ce vendredi sur Europe 1, "Il y aura plutôt de la pédagogie" que des punitions. Lundi il s'était montré plus virulent avant d'être désavoué par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve qui avait lui-même enterrée de possibles sanctions contre les meneurs de la fronde.

Si la hiérarchie se montre compréhensive, les policiers sont tout de même soumis à un impératif: déclarer la manifestation à la préfecture au préalable, sous peine d'amende. 

Dénoncer des conditions de travail de plus en plus difficiles 

Dans la nuit de jeudi à vendredi, des policiers ont manifesté à Paris, Lyon, Montpellier ou Nice pour dénoncer des conditions de travail de plus en plus périlleuses. Les syndicats quant à eux essaient de maîtriser la grogne: ils appellent à des rassemblements organisés devant le palais de justice de Paris et rencontreront le président de la République, François Hollande, en début de semaine prochaine. 

Le mouvement de protestation est né après une violente attaque au cocktail Molotov contre quatre policiers à Viry-Châtillon dans l’Essonne, le 8 octobre dernier.

Aymeric Barrault, Marine Henriot