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Manifestation de policiers sur les Champs-Élysées: grosse frayeur pour Bernard Cazeneuve

Une manifestation de policiers mardi 18 octobre à Évry, dans l'Essonne

Une manifestation de policiers mardi 18 octobre à Évry, dans l'Essonne - BFMTV

La manifestation-surprise des policiers lundi soir sur les Champs-Élysées a pris de court les autorités, qui ont tenté toute la journée d'empêcher le mouvement de protestation.

Panique au ministère. La manifestation de policiers lundi soir au cœur de Paris a pris de court les autorités. Plusieurs centaines de représentants des forces de l'ordre se sont d'abord réunis devant l'hôpital Saint-Louis, à Paris, où un adjoint de sécurité est toujours hospitalisé. Les policiers ont ensuite pris la direction des Champs-Élysées. Un mouvement de contestation qui s'est organisé sans les syndicats et à l'encontre des consignes de leur direction.

Depuis le matin, le ministère de l'Intérieur craignait que les policiers ne viennent crier leur colère sous les fenêtres de Bernard Cazeneuve, rapporte Le Figaro. Selon le quotidien, des unités barraient même les accès de l'avenue de Marigny qui longe l'Élysée et débouche sur la place Beauvau. Et à l'approche du cortège, le service de sécurité du ministère, affolé, a décidé de bloquer intégralement la rue par crainte que les manifestants n'approchent d'un peu trop près.

Un télégramme du préfet de police de Paris

Le préfet de police de Paris avait pris les devants. Michel Cadot avait envoyé un télégramme aux autorités d'Île-de-France en guise de "rappel des droits et obligations des policiers".

"L'organisation de rassemblements, durant le temps de service et avec des matériels administratifs, ayant pour objectif d'attirer sur des revendications ne serait pas acceptable", révèle Le Figaro.

"Cela ne peut être envisagé"

Même mise en garde pour le directeur départemental de la sécurité publique de l'Essonne, Luc-Didier Mazoyer.

"Aujourd'hui, une rumeur persistante évoque un déplacement des policiers de grande couronne en service ce soir en direction de l'hôpital Saint-Louis puis de la place Beauvau. Cela ne peut être envisagé. (...) Il n'est pas question de dégarnir la voie publique."

Des avertissements qui n'ont pas empêché les policiers de se rassembler et d'exprimer leur colère. Ce qui a fait réagir les autorités qui ont condamné la manifestation.

"Ce n'est pas conforme à la déontologie"

En pleine séance de questions au Sénat mardi, Bernard Cazeneuve a tenu à rappeler les policiers à leur "déontologie".

"On ne peut pas, quand on est policier, défiler avec des voitures de police et des gyrophares parce que ce n'est pas conforme à ce qu'est la déontologie de la police dans la République", a lancé le ministre de l'Intérieur, même s'il a affirmé comprendre leur "exaspération".

Jean-Marc Falcone, le directeur général de la police nationale, a jugé "inacceptable" et "contraire à leurs obligations" cette manifestation et a annoncé que la "police des polices" (IGPN) allait enquêter sur "les manquements individuels aux règles statutaires". En réaction à ces menaces de sanctions, de nouvelles manifestation de policiers se sont tenues mardi soir.

Céline Hussonnois-Alaya