BFMTV

Huées, appels à la démission: le patron de la police nationale chahuté

Moment difficile pour le directeur général de la police nationale. Jean-Marc Falcone a été hué par plusieurs centaines de policiers en colère qui l'attendaient à l'issue d'une réunion à Évry. Sa voiture s'est péniblement extirpée de la foule, sous les sifflets.

"Démission, démission", crient-ils. Sous les huées et les sifflets, la voiture de Jean-Marc Falcone, le directeur général de la police nationale, s'extirpe difficilement de la foule de policiers en colère. Ces derniers encerclent leur patron après une réunion mardi soir avec des responsables policiers à Évry. Puis entonnent une Marseillaise.

​​​​​​​"Solidarité avec nos collègues"

Plusieurs centaines de fonctionnaires de police, en civil et brassard, l'attendaient à sa sortie, brandissant des affichettes "solidarité avec nos collègues", pour soutenir les forces de l'ordre menacées de sanctions après une manifestation-surprise à Paris, sur les Champs-Élysées, dans la nuit de lundi à mardi.

Jean-Marc Falcone et Pascal Lalle, le directeur central de la sécurité publique, avaient convoqué les chefs de brigades de l'Essonne d'où étaient partis de nombreux manifestants, bravant leur devoir de réserve.

Le patron de la police avait jugé "inacceptable" et "contraire à leurs obligations" cette manifestation et avait annoncé que la "police des polices" (IGPN) allait enquêter sur "les manquements individuels aux règles statutaires".

De nouvelles manifestations

Lundi soir, environ 500 policiers s'étaient retrouvés spontanément devant l'hôpital Saint-Louis, dans le 10ᵉ arrondissement de Paris. Il s'étaient rassemblés pour soutenir Vincent, cet adjoint de sécurité de 28 ans grièvement blessé dans l'attaque au cocktail Molotov de Viry-Châtillon, dans l'Essonne. Mais aussi pour dénoncer leurs conditions de travail. Gyrophares allumés, sirènes hurlantes, ils avaient ensuite rallié les Champs-Élysées, décidés à exprimer leur colère.

Mardi, un peu plus trad dans la soirée, une cinquantaine de policiers se sont à nouveau réunis devant l'hôpital Saint-Louis, à Paris. Et malgré le rappel à l'ordre, de nouvelles manifestations ont eu lieu, comme à Marseille ou à Nice.

Céline Hussonnois-Alaya