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Pitié-Salpêtrière: l'équipe médicale dérangée "n'est pas du tout choquée"

Une fois l'effet de surprise passé, deux des soignants ayant retenu la porte face aux intrus et un médecin du service disent ne pas s'être "sentis en danger" ou avoir été "choqués" par l'événement.

Le personnel du service de réanimation où des manifestants ont tenté de pénétrer ce mercredi, en marge des manifestations du 1er-Mai, dit "ne pas s'être senti en danger" lors de la tentative d'intrusion. Devant les caméras ce jeudi matin, ils semblaient plutôt sereins.

"Ça s'est passé dans le calme, il n'y a pas eu de débordements", a détaillé un médecin du service. "Je sors de garde, donc un peu fatigué, mais l'équipe n'est pas du tout choquée", a-t-il assuré. "On en a parlé après entre nous, et il n'y avait pas de gros traumatisme."

Une aide-soignante dit "ne pas s'être sentie en danger plus que ça"

La masse de personnes s'est présentée sur une passerelle au niveau de l'issue de secours du service, où des patients en état grave sont hospitalisés.

"On s'est interposés, on a voulu bloquer la porte avec ma collègue et d'autres personnes de la réanimation", a relaté devant la presse l'un des infirmiers qui se trouvait juste derrière la porte vitrée. "On a eu juste le temps de vraiment fermer la porte, on est restés derrière. C'est une issue de secours, à l'arrière, avec un code de l'autre côté. On a juste tiré la porte vers nous pour la retenir à l'intérieur", a-t-il précisé.

Malgré la "surprise" au premier abord de la masse de personnes se présentant à la porte, une de ses collègues, qui tenait la porte au même moment, dit "ne pas s'être sentie en danger plus que ça". Elle a par ailleurs ajouté qu'on "ne pouvait pas savoir" de l'extérieur que c'était un service de réanimation.

"Très vite, ils ont été à l'écoute"

"Très vite, ils ont été à l'écoute, il y a même des gens qui ont essayé de calmer le jeu en disant 'C'est un hôpital, calmez-vous'", a expliqué l'aide-soignante devant les caméras. Son collègue assure que les manifestants demandaient simplement à ce qu'ils ouvrent la porte, qu'il n'y "avait pas de slogan, pas de revendication". "Aucune personne n'avait le visage masqué, ou cagoulé", a assuré l'infirmier.

Il ne partage d'ailleurs pas la position de Martin Hirsch, qui a déclaré sur Franceinfo qu'une "catastrophe" avait été évitée".

"Non, je pense pas. Les vigiles étaient présents, la sécurité était présente, les forces de police, la porte était fermée", a réagi ce membre du personnel.
Liv Audigane