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Intrusion à la Pitié-Salpêtrière: les soignants "ont protégé le service en tenant la porte de l'issue de secours"

Trente personnes ont été interpellées à la suite d'une intrusion dans l'enceinte de l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière. Certains ont tenté de pénétrer dans un service de réanimation, selon un médecin de l'établissement.

C'est l'un des débordements survenus ce mercredi à Paris, en marge des traditionnels cortèges du 1er-Mai. Les syndicats étaient rejoints cette année par les gilets jaunes et un certain nombre de casseurs.

Plusieurs dizaines de manifestants sont parvenus dans l'après-midi à pénétrer dans l'enceinte de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, dans le XIIIe arrondissement de la capitale. Ont-ils été repoussés jusque-là par les forces de l'ordre? Ont-ils volontairement pénétré dans l'enceinte de l'hôpital, via une entrée annexe de la résidence Crous à proximité? Les versions s'opposent sur leurs motivations.

Toujours est-il qu'une "vingtaine" d'entre eux sont arrivés à la porte de l'issue de secours d'un service de réanimation et ont tenté d'y entrer, "alors même que du personnel y était de l'autre côté en train de leur faisait signe de ne pas le faire", précise ce matin sur BFMTV le professeur Mathieu Raux, qui travaille à la Pitié-Salpêtrière. 

Le personnel de réanimation a "tenu la porte fermée le temps que les forces de l'ordre interviennent"

"Un service de réanimation est un service où se trouvent des patients en état fragile puisque leur vie est menacée, ils ont besoin de repos, de calme", a-t-il rappelé sur notre antenne. "Craignant une menace pour eux ainsi que pour les patients", les soignants "ont protégé le service en tenant la porte de l'issue de secours fermée le temps que les forces de l'ordre interviennent", a-t-il témoigné.

Le médecin assure que le personnel a demandé aux manifestants de reculer, en leur expliquant qu'il s'agissait d'un hôpital, et qui plus est d'un service de réanimation.

Le professeur Mathieu Raux, qui a salué leur "courage et leur sang-froid", a dit de rien savoir des motivations des manifestants, mais souligné que des "exactions" ont eu lieu, "deux heures plus tard". Selon le médecin, c'est cette fois-ci le matériel du service informatique de chirurgie digestive qui a été vandalisé.

La Pitié-Salpêtrière est passée "au bord de la catastrophe" pour Martin Hirsch

"Il aurait pu se produire un drame dont je n'ose même pas imaginer les conséquences", s'est ému quant à lui Martin Hirsch, directeur général de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris. Il a dénoncé des "débordements gravissimes" et "inédits" ce jeudi sur FranceInfo, estimant que l'établissement est passé "au bord de la catastrophe".

"Vous vous rendez compte si j'étais là ce matin devant vous pour expliquer qu'il y a des patients qui ont été bousculés et qui ont pu mourir au sein d'un des meilleurs hôpitaux d'Europe?", a-t-il interpellé au micro de la radio publique.

Pour lui, aucune "méprise" n'était possible, les soignants ayant signalé aux manifestants qu'ils étaient dans un hôpital, aux portes d'un service de réanimation. Il a porté plainte et assure avoir remis aux mains de la justice des vidéos de la tentative d'intrusion tournées par le personnel. Plus de trente personnes ont été interpellées. 

Dès mercredi soir, la ministre de la Santé Agnès Buzyn avait réagi sur Twitter: "S'en prendre à un hôpital est inqualifiable", s'était-elle indignée. "On voudrait ne pas y croire. On voudrait se dire que la violence ne peut pas tout prendre pour cible", avait-elle déclaré.
Liv Audigane