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Perquisitions chez LFI: Dupond-Moretti "sidéré" par les attaques de Mélenchon à son encontre

Invité de Et en Même Temps, l'avocat de Patrick Balkany a réagi aux propos du chef de file de La France insoumise qui, lors d'une conférence de presse, a invoqué les liens entre Éric Dupond-Moretti et Brigitte Macron.

"Il dit 'c'est moi la République'. Ce n'est pas lui, la République." Après la camomille, une dose d'EPO? Invité ce dimanche de Et en Même Temps, Éric Dupond-Moretti a répondu point par point, avec véhémence, aux propos tenus à son égard jeudi par Jean-Luc Mélenchon en conférence de presse.

Une semaine avant son procès en correctionnelle pour "actes d'intimidation contre l'autorité judiciaire, rébellion et provocation" lors des perquisitions menées au QG de La France insoumise, le député des Bouches-du-Rhône a épinglé l'avocat de Patrick Balkany. Il se trouve que celui-ci défend trois des policiers présents lors des événements d'octobre 2018.

De quoi inviter Jean-Luc Mélenchon à s'interroger sur les éventuelles collusions entre Éric Dupond-Moretti et l'exécutif qui, d'après le leader de LFI, mène une "guerre politique" contre lui. L'ancien sénateur socialiste s'est notamment demandé combien l'avocat "coûte" à l'État pour ce procès, avant d'évoquer une photographie où l'on voit l'avocat en compagnie de Brigitte Macron.

"Un machin de parano"

"Les oreilles m'en sont tombées", a d'abord réagi Éric Dupond-Moretti, qui s'est dit "sidéré" par les mots du tribun de la gauche radicale. "Je ne sais pas ce que je suis venu faire dans son truc, moi. (...) Quand un fonctionnaire, un travailleur de la police nationale est outragé, il a droit à une protection de l'État et les honoraires de son avocat sont pris en charge", a-t-il expliqué, ajoutant que ce n'était pas dans ce dossier qu'il allait "bien gagner sa vie".

Jean-Luc Mélenchon "est plus préoccupé par mes honoraires que moi-même. Mais c'est la loi!", lui a répondu Éric Dupond-Moretti. L'avocat a ensuite raillé le fait que leader insoumis inscrive tout cela dans le cadre d'un "complot ourdi" avec Brigitte Macron et la garde des Sceaux, Nicole Belloubet.

"Il a 40 ans de politique derrière lui, il a été un apparatchik du Parti socialiste; je pense qu'il a été photographié avec la terre entière! Et le jour où il y a une photo de lui avec un dictateur, moi je ne vais pas dire que c'est un complot", a-t-il ensuite tancé, reprochant à Jean-Luc Mélenchon de développer "un machin de parano".

Une situation justifiée selon l'avocat

"Je me bats tellement pour ma liberté d'expression, (...) j'en paie parfois le prix, et c'est un prix lourd, que d'entendre quelqu'un que je ne connais ni d'Ève ni d'Adam raconter que je suis un espèce d'instrument aux mains de Brigitte Macron, c'est ahurissant!"

Revenant sur l'affaire dite des perquisitions, réalisées dans le cadre de deux enquêtes (comptes de la campagne présidentielle de 2017 de Jean-Luc Mélenchon et assistants parlementaires européens de LFI), Éric Dupond-Moretti a justifié la situation actuelle du député des Bouches-du-Rhône: 

"C'est une perquisition que la France entière a pu voir, où des policiers se font injurier, outrager, et il est naturellement renvoyé devant le tribunal correctionnel."

"Je lui aurais demandé de présenter des excuses"

L'avocat a par ailleurs réfuté l'idée selon laquelle Nicole Belloubet l'aurait spécifiquement "choisi" pour défendre trois des policiers présents. Il a ajouté qu'il pourrait éventuellement envisager de porter plainte en diffamation contre Jean-Luc Mélenchon. 

"Je ne lui ai rien fait. (...) Je n'appartiens, contrairement à lui, à aucun parti, à aucune coterie."

Peut-être les deux hommes finiront-ils par boire une camomille ensemble? "Pourquoi pas", a répondu Éric Dupond-Moretti, qui a croisé Jean-Luc Mélenchon une seule fois, dit-il, au Salon du livre à Marseille. Plus sérieusement, l'avocat a affirmé qu'il aurait pu défendre l'élu LFI si ce dernier l'avait contacté. "Je lui aurais demandé de présenter des excuses (...) aux policiers outragés", a-t-il ajouté.

Jules Pecnard