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Mort de Naomi Musenga: le responsable du Samu de Strasbourg démissionne

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - Loïc Venance-AFP

Les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) ont "accepté" ce mercredi la démission du responsable du Samu de la ville après la publication d'un rapport pointant de nombreux dysfonctionnements dans la prise en charge de l'appel de Naomi Musenga, décédée fin décembre.

"Cette demande de démission a été déposée spontanément au début de l'enquête, début mai, et a été accepté, puisque c'est une des préconisations du rapport de l'inspection générale" des affaires sociales (Igas), a indiqué Christophe Gautier, directeur des HUS.

"Un retard de prise en charge de 2h20"

"La procédure générale de régulation" appliquée par le Samu de Strasbourg au moment du décès fin décembre de Naomi Musenga n'était "pas conforme aux recommandations de bonnes pratiques" et "source de risque pour les patients", estime le rapport de l'Igas.

Les réponses "non adaptées de l'assistante de régulation médicale (ARM)", qui n'avait pas pris l'appel de la jeune femme au sérieux, sont aussi mises en cause par l'Igas, car elles ont "conduit à un retard global de prise en charge de près de deux heures vingt".

Le 29 décembre 2017, Naomi Musenga est mise en relation une première fois avec le Samu à 11h28, "après avoir échangé avec l'opératrice" des pompiers, et ce transfert d'appel "se fait sur un ton moqueur", note l'Igas.

"Un ton dur, intimidant et déplacé"

L'assistante de régulation médicale "emploie un ton dur, intimidant et déplacé face à des demandes d'aide réitérées" et ne transfère pas l'appel à un médecin, "bien que deux médecins soient présents". Elle ne pose alors "aucune question permettant d'éclairer l'état clinique de la patiente" et conseille plusieurs fois à la jeune femme d'appeler SOS Médecins, bien qu'elle ait dit "explicitement qu'elle n'était pas en mesure de le faire", détaillent les inspecteurs.

Un proche de Naomi Musenga rappelle le Samu à 12h32, mais "ne mentionne pas l'appel antérieur et appelle d'un autre téléphone, ce qui empêche le rapprochement immédiat des deux appels". "De manière similaire au premier appel", la même assistante de régulation conseille d'appeler SOS médecins et ne recherche pas "les informations qui auraient permis de préciser l'état clinique de la patiente", bien que le ton soit plus approprié.

À 13h47, "une autre assistante de régulation médicale reçoit un appel de SOS Médecins et le transfère au médecin régulateur" déclenchant ainsi l'envoi du service mobile de réanimation, qui arrivera sur place à 13h58, précise le rapport.

C.H.A. avec AFP