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Mort de Cédric Chouviat: sa mère espère que les policiers "seront jugés aux assises" 

La famille du quadragénaire mort après son interpellation par la police, s'est estimée déçue par le manque de sanctions prises à l'encontre des quatre fonctionnaires mis en cause.

Moins de deux semaines après les faits, la famille de Cédric Chouviat, le livreur mort après avoir été plaqué au sol par plusieurs policiers lors d'un contrôle, était reçue ce mardi place Beauvau par le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. 

Devant la presse, au terme de l'entretien, les proches du livreur se sont déclarés déçus que les agents mis en cause ne soient pas suspendus.

"On aurait voulu que ces quatre policiers soient suspendus, mais là apparemment on attend d'autres choses, ils ne peuvent pas le faire aujourd'hui, je ne comprends pas pourquoi", a déclaré Fatima Chouviat, la mère du quadragénaire. "Je ne comprends pas comment on ne peut pas les suspendre (...) On leur a mis un permis de tuer dans les mains et ce jour-là, ils s'en sont servi", a-t-elle ajouté. "J'espère qu'ils seront jugés aux assises."

"Aucune décision" et "aucune réponse" 

De son côté, l'avocat de la famille, Me Arié Alimi, souligne que "le ministre "n'a pris aucune décision et n'a apporté aucune réponse aux interrogations de la famille et des avocats." 

Pour lui, les proches souhaitaient "la suspension des fonctionnaires de police impliqués dans le décès de Cédric Chouviat mais également l'interdiction, éventuellement sous forme de moratoire, des techniques d'immobilisation qui ont conduit à son décès, à savoir le plaquage ventral et la clé d'étranglement."

Selon le père de la victime, la famille a demandé "solennellement" au ministre l'interdiction de ces deux techniques.Des propos que ce dernier a répété sur le plateau de BFMTV. 

"Je lui ai demandé solennellement d’arrêter la prise d’étranglement et le placage au sol, il y a trop de morts depuis des années. Il nous a expliqué qu’il allait tout faire pour voir ce qui se passait lors de ces prises-la", a-t-il de nouveau déclaré. 

"J'en veux à ces quatre individus qui ont tué mon fils"

Comme l'avance toutefois un autre avocat de la famille, Me William Bourdon, le ministre a annoncé "une mise à l'étude des techniques policières incriminées" avec la participation "de la société civile, des ONG et des avocats."

S'il n'y a pas eu de "réponses concrètes", le père Christian Chouviat relève que Christophe Castaner, qui a reçu les proches pendant plus d'une heure, a "parlé avec son coeur".

"Je n'en veux pas à la Police nationale, j'en veux à ces quatre individus qui ont tué mon fils", a poursuivi Christian Chouviat.

Cédric Chouviat, un père de famille de 42 ans travaillant comme livreur, a été d'après son autopsie victime d'une asphyxie avec une fracture du larynx, le 3 janvier aux abords de la Tour Eiffel, après avoir été plaqué au sol, casque sur la tête, par plusieurs policiers lors d'un contrôle tendu. 

Transporté dans un état critique à l'hôpital après les faits, il est mort le 5 janvier. Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour "homicide involontaire".

Hugo Septier avec AFP