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Mort d'Adama Traoré: les deux auditions de juillet étaient prévues avant la manifestation de mardi

Un rassemblement en hommage à Adama Traoré.

Un rassemblement en hommage à Adama Traoré. - AFP

Rémy Heitz, le procureur de Paris, a affirmé ce lundi que les auditions de deux témoins, demandées de longue date par la famille du jeune homme décédé en 2016, n'avaient aucun lien avec la manifestation survenue la semaine passée devant le Tribunal de Paris.

Les auditions prévues en juillet de deux témoins dans l'enquête sur la mort d'Adama Traoré étaient programmées avant la manifestation de la semaine passée, a affirmé ce lundi le procureur de Paris, répondant ainsi aux déclarations de l'avocat de la famille du jeune noir mort en 2016.

"Cette décision des magistrats instructeurs a été annoncée aux parties le 10 avril 2019. Pour l'un des deux témoins, sa mise en œuvre a été retardée par une absence à l'audition programmée le 30 septembre 2019, ce dont les parties ont été informées. Des investigations ont depuis lors été lancées pour le localiser", a précisé Rémy Heitz.

L'avocat de la famille Traoré, Me Yassine Bouzrou, s'était félicité vendredi de la tenue prochaine des deux auditions, annoncées mercredi par courriel aux parties. Il avait aussi estimé qu'elles étaient une réponse à la manifestation de mardi qui a rassemblé 20.000 personnes à Paris, à l'appel de la famille de la victime.

"On n'instruit pas sur des intentions"

Rémy Heitz a effectué cette rare communication en accord avec les trois magistrats chargés d'enquêter sur la mort du jeune homme noir de 24 ans en 2016 au cours de son interpellation par des gendarmes, une affaire depuis érigée par ses proches en symbole des violences policières.

Il s'appuie pour cela sur l'article 11 du code de procédure pénale, qui permet à un procureur de communiquer des éléments objectifs de la procédure pour éviter "la propagation d'informations parcellaires ou inexactes".

"Le 10 avril 2019, les juges ont annoncé qu'ils acceptaient la demande d'audition des témoins importants que j'ai formulée. Plus d'un an après, ces auditions n'ont toujours pas eu lieu. (...) On n'instruit pas sur des intentions mais sur des actes d'enquête réalisés", a réagi auprès de l'Agence France Presse (AFP) Me Bouzrou.

"Parvenir à la manifestation de la vérité"

Le premier témoin est un homme chez lequel Adama Traoré s'était réfugié avant son interpellation, tentant d'échapper aux forces de l'ordre engagées dans une opération qui visait son frère Bagui, soupçonné d'extorsion de fonds. Ce témoin a jusqu'ici été uniquement entendu par les gendarmes au début de l'affaire.

Le second est une femme qui avait affirmé avoir assisté à cette première tentative d'arrestation.

Dans son communiqué, le procureur souligne également que dix expertises médicales judiciaires ont été réalisées depuis 2016 et que deux rapports médicaux, réalisés à la demande de la famille, ont également été versés à la procédure.

"La justice met tout en œuvre pour parvenir à la manifestation de la vérité sur les circonstances du décès d'Adama Traoré", insiste Rémy Heitz.
F.B. avec AFP