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Mort d'Adama Traoré: deux témoins capitaux bientôt entendus par les juges

Deux témoins vont être auditionnés par les juges d'instruction dans l'enquête sur la mort d'Adama Traoré. L'un des deux est l'homme chez qui le jeune homme s'était réfugié après avoir échappé à sa première interpellation.

Ce sont des auditions réclamées par la défense depuis le début de l'affaire. Les juges d'instruction ont décidé d'auditionner deux témoins dans l'enquête sur la mort d'Adama Traoré, survenue après son interpellation par les gendarmes, a appris BFMTV, confirmant des informations du Parisien et de RTL. Le parquet de Paris a confirmé ce lundi l'organisation prochaine de ces auditions.

Le premier témoin est l'homme chez qui s'est réfugié Adama Traoré après avoir échappé à sa première interpellation, alors qu'il se trouvait en compagnie de son frère visé par une enquête. Le jeune homme avait sonné chez cet homme, qui avait trouvé Adama Traoré, menotté, allongé par terre et très essoufflé. Cet homme n'a jamais été entendu par les juges, seulement par les gendarmes. L'autre témoin est une femme qui aurait participé à la première tentative d'interpellation.

Un témoin absent

"Cette décision des magistrats instructeurs a été annoncée aux parties le 10 avril 2019", précise le parquet de Paris dans son communiqué. Les auditions ont toutefois pris du retard car l'un des témoin, qui devait être entendu le 30 septembre 2019, ne s'est pas présenté devant les magistrats. "Des investigations ont depuis lors été lancées pour le localiser", indique encore le parquet.

Dans leur courrier, les juges d'instruction indiquent que les témoins auraient dû être entendus début mai mais qu'en raison de la crise sanitaire ces auditions avaient été reportées. Elles auront lieu début juillet en présence des avocats des deux parties s'ils le souhaitent. Me Yassine Bouzrou, avocat de la famille d'Adama Traoré, a d'ores et déjà indiqué qu'il y assisterait.

"Il s'agit de deux témoignages extrêmement importants. Il n'était pas normal de clôturer une enquête quand on sait que des témoins n'ont pas été entendus, a réagi sur BFMTV Yassine Bouzrou. Ces témoignages doivent permettre d'apporter des éléments importants dans cette affaire."

Bataille d'expertises

Ces témoignages sont capitaux, alors que les deux camps s'affrontent à coup d'expertise médicale. Selon les éléments transmis par le parquet, dix expertises judiciaires réalisées par des experts et médecins assermentés ont été versées au dossier. 

La famille a également produit deux rapports médicaux, en mars 2019 et juin 2020, poussant les magistrats, qui avaient clôturé leur enquête en décembre 2018, à relancer les investigations. Plus récemment, une expertise judiciaire, la troisième, a conclu que le jeune homme est décédé non pas "d’asphyxie positionnelle, mais d'un œdème cardiogénique" causé par diverses pathologies, et a ainsi écarté la responsabilité des gendarmes.

En réaction, la famille a demandé une nouvelle expertise, privée, mettant en cause l'intervention des gendarmes, et la technique du plaquage ventral, dans la mort d'Adama Traoré. Désormais, la famille d'Adama Traoré espère que la justice va réclamer une reconstitution, un autre acte d'enquête réclamé depuis le début de l'affaire.

Mélanie Vecchio avec Justine Chevalier