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Marine Le Pen perd son procès en diffamation contre Raquel Garrido

Marine Le Pen, le 19 février 2016.

Marine Le Pen, le 19 février 2016. - Patrick Kovarik - AFP

La présidente du Front national, Marine Le Pen, a perdu ce mardi la procès en diffamation qu'elle avait fait à l'avocate de Jean-Luc Mélenchon, pour des propos relatifs à l'affaire dite du "faux tract" pendant la campagne des législatives de 2012 dans le Pas-de-Calais.

Fin mai 2012, les équipes de Marine Le Pen avaient distribué un tract comportant une photo de Jean-Luc Mélenchon et reproduisant l'une de ses phrases prononcées lors d'un discours à Marseille le 14 avril précédent: "il n'y a pas d'avenir pour la France sans les Arabes et les Berbères du Maghreb." Le tract sur fond vert, couleur de l'islam, comportait également la mention "Votons Mélenchon" et sa traduction dans un arabe approximatif. Dans une dépêche de l'Agence France-Presse annonçant le 4 juin 2012 la décision de Jean-Luc Mélenchon de poursuivre Marine Le Pen, son adversaire du FN aux législatives dans la circonscription d'Hénin-Beaumont, pour "manoeuvre frauduleuse", l'avocate du candidat Front de gauche, Raquel Garrido, déclarait: "nous sommes sûrs de nous quant au fait que Marine Le Pen est une délinquante". La présidente du FN avait alors poursuivi en diffamation, mais le tribunal correctionnel de Paris a relaxé Raquel Garrido et le PDG de l'AFP, Emmanuel Hoog.

Raquel Garrido n’a pas outrepassé son droit

"Dans le contexte de la violente polémique politique" opposant les deux candidats", "malgré des propos vifs qui, avant toute décision de justice, ont pu choquer" Marine Le Pen, Raquel Garrido n'a "pas dépassé les larges limites de la liberté d'expression qui doit être reconnue à un avocat s'exprimant pour le compte de son client, dans le cadre exclusif de la défense de ses intérêts, à l'occasion d'un litige opposant, de manière particulièrement médiatisée, deux personnalités publiques", ont estimé les juges qui ont rendu le verdict.

Marine Le Pen pourrait interjeter appel

"Heureuse" de ce jugement, Raquel Garrido a déclaré qu'elle ne se faisait "pas d'illusion", convaincue que Marine Le Pen ferait appel. Car la présidente du FN, selon elle, "mène une guerre totale contre les libertés publiques et utilise toutes les voies de droit pour nuire à ceux qui dénoncent ses agissements anti-démocratiques". L'avocat de Marine Le Pen, Me David Dassa Le Deist, a quant à lui indiqué que sa cliente se réserve la possibilité de faire appel. "On peut regretter que les termes qui ont été employés par Raquel Garrido pour fustiger publiquement une adversaire politique en la traitant de délinquante n'aient pas été sanctionné", a-t-il ajouté.

A.M avec AFP