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Manifestations: quand les politiques draguent les policiers

Marine Le Pen en 2011 lors du salon professionnel de la sécurité intérieure (photo d'illustration)

Marine Le Pen en 2011 lors du salon professionnel de la sécurité intérieure (photo d'illustration) - JACQUES DEMARTHON / AFP

Depuis le début des manifestations de policiers, des candidats à l'élection présidentielle ont témoigné de leur soutien. En dénonçant au passage le bilan du gouvernement, certains parlent déjà de leurs propositions.

Chaque nuit depuis cinq jours, des policiers manifestent dans les rues de Paris, Lyon ou encore Marseille. Ils expriment leur ras-le-bol après l'agression de quatre de leurs collègues à Viry-Châtillon, le 8 octobre dernier. Ce samedi encore, des policiers ont manifesté à Evry, de jour cette fois. 

Si François Hollande a promis de recevoir les syndicats de policiers, le sujet s'invite aussi dans la campagne présidentielle. De son côté, le gouvernement tente de rassurer.

Un mécontentement "légitime" pour Le Pen

Première à apporter son soutien aux forces de l'ordre, Marine Le Pen a reconnu un mécontentement "légitime" et s'en est pris au gouvernement.

"Votre comportement (...) porte en lui une réaction salutaire qui nous concerne tous", a lancé la présidente du FN dans un message diffusé sur Twitter. Et d'ajouter: le gouvernement est "discrédité et usé, dépassé par les événements". 

Un soutien qui pourrait bénéficier à la présidente du parti frontiste. Selon une enquête du Cevipof, 57% de policiers seraient prêts à voter FN à l'élection présidentielle de 2017.

Même discours du côté de Jean-Luc Mélenchon. Le candidat La France insoumise a évoqué dans un message publié sur Youtube ce vendredi, "une colère qui n'a rien de feinte". Il a lui aussi dénoncé l'action du gouvernement: si ces policiers manifestent, "c'est qu'ils ont le sentiment que personne ne les écoute".

Le Maire étaye ses propositions

A droite, le candidat à la primaire Bruno Le Maire s'est rendu ce samedi dans un commissariat de Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne. Devant une vingtaine de policiers, il a assuré comprendre leur "malaise".

"Je sais que vous avez signer pour protéger les Français, pas pour risquer votre vie", a-t-il ajouté. 

Taclant au passage le bilan de Nicolas Sarkozy qui avec François Fillon a fait "une erreur en réduisant les effectifs policiers entre 2007 et 2012", Bruno Le Maire a répété ses propositions pour la police. Notamment, "l'ouverture d'un débat sur la légitime défense et sur l'emploi des armes", ce que réclament les policiers qui manifestent. 

Toujours chez Les Républicains, Alain Juppé a assuré comprendre "parfaitement l'état d'esprit des policiers". Vendredi, il a plaidé pour des "mesures d'urgence pour redonner confiance à nos policiers et les soutenir". Lui aussi évoque les conditions de légitime défense. 

Le gouvernement veut rassurer

Du côté du gouvernement, Manuel Valls a exprimé son "entier soutien" ce samedi à des policiers de Tours. Le 20 octobre déjà, le Premier ministre avait appelé les policiers à "continuer le dialogue" et avait dit sa "solidarité", "compréhension" et son "engagement". 

Dans une lettre adressée aux policiers vendredi, Bernard Cazeneuve a annoncé l'ouverture d'une concertation dès lundi. Elle portera sur les "conditions de travail".

Mélanie Longuet