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Les frères de Naomi Musenga appellent à l'apaisement

BFMTV a pu rencontrer Gloire et Martial, les frères de Naomi Musenga, cette jeune mère de 22 ans morte en décembre dernier après que son appel a été négligé par le Samu. Les deux jeunes hommes sont unanimes: ils ne ressentent pas de haine à l'encontre de l'opératrice téléphonique mise en cause.

Ils ne ressentent pas d'amertume. Moins de cinq mois après la mort de leur soeur Naomi, dont l'appel téléphonique avait été négligé par le Samu en décembre dernier, Gloire et Martial Musenga veulent avant tout lui rendre hommage, et préfèrent garder le sourire. Et les deux frères, que BFMTV a pu rencontrer à Strasbourg, n'ont qu'un seul mot d'ordre: l'apaisement. 

"Elle était pleine de vie, c'était la personne la plus joyeuse que je connaissais avec moi, Gloire, et certaines personnes. C'est assez rare d'avoir des gens comme ça", se souvient Martial Musenga en évoquant sa soeur Naomi. "Tout arrive pour une raison. Si c'est arrivé, c'est qu'il se passera forcément quelque chose après ça", estime le jeune homme. 

"Ce n'est pas leur faute"

Les deux frères veulent à tout prix éviter une escalade de la violence envers les opérateurs du 15, alors que des personnels du Samu sont la cible de menaces depuis la publication de l'enregistrement de l'appel à l'aide de Naomi Musenga. Gloire et Martial le répètent: ils ne ressentent aucune haine envers les deux opératrices du Samu qui ont négligé le coup de téléphone de leur soeur, alors que celle-ci se plaignait de très fortes douleurs au ventre, avant de mourir à l'hôpital quelques heures plus tard.

"On ne peut pas leur en vouloir. Si aujourd'hui elles retournent en arrière et ont à nouveau cet appel, je peux vous assurer qu'elles vont l'aider. Si elles ne l'ont pas aidé, c'est à cause de problèmes dans leur structure, pendant leurs heures de travail, auparavant, etc... Ça n'a rien à voir. Elles n'avaient rien contre Naomi personnellement, elles ne la connaissaient pas. Donc ce n'est pas leur faute", insiste Martial.

Appel à la non-violence

De son côté, son frère compte particulièrement sur la marche blanche en hommage à Naomi, qui se tiendra le 16 mai à Strasbourg, et servira à faire entendre cet apaisement qu'ils défendent. "Toutes les personnes qui veulent se joindre à la marche, elles peuvent venir, d'où elles veulent. Mais on appelle vraiment à la non-violence", insiste Gloire. 

"On en veut à personne personnellement. On veut seulement honorer sa mémoire, et faire en sorte qu'elle sache que beaucoup de personnes pensent à elle. Moi c'est vraiment ça que je veux faire passer, lui faire savoir qu'on l'aime vraiment tous, et que ça ne sert à rien d'être dans la haine", précise encore Martial. 

Malgré le décès de leur soeur, qui était mère d'un enfant de 18 mois, Martial et Gloire sont déterminés à faire de leur drame familial un étendard, pour que plus jamais ce genre de négligence ne se reproduise.

Jeudi, lors d'une conférence de presse, les parents de Naomi l'ont assuré: il ne veulent pas faire de l'opératrice du Samu la bouc émissaire de cette affaire.

A.S. avec Kelly Laffin