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Police-Justice

"On s'est moqué de nous comme on s'est moqué de ma fille", déplore le père de Naomi Musenga

Les parents et la sœur de Naomi Musenga, morte le 29 décembre dernier après un appel qui a été négligé par le Samu, ont dénoncé le manque de suivi et de réponses depuis le décès de leur proche.

Naomi Musenga est morte le 29 décembre dernier à l'hôpital, après avoir tenté plusieurs heures auparavant de contacter le SAMU, qui n'a pas pris ses douleurs au sérieux dans un premier temps

Au-delà des circonstances de la mort de la jeune femme de 22 ans, qui demandent encore à être éclaircies, ses proches déplorent leur prise en charge depuis le décès et critiquent un manque d'informations. 

"Pourquoi on n'a pas eu d'accompagnement? On a quand même perdu quelqu'un. (...) On n'a pas eu de suivi, pourquoi ils nous ont laissés comme ça, comme des personnes qui allaient se débrouiller toutes seules de toute façon?", s'est interrogée ce jeudi Louange Musenga, la sœur de Naomi, lors d'une conférence de presse. 

La famille ne comprend pas non plus le délai entre la mort de la patiente et son autopsie, soit 112 heures selon le rapport relayé par l'avocat de la famille Me Mohamed Aachour

"Une autopsie est réalisée 112 heures après et quand on lit le rapport, on nous indique des organes en état de putréfaction avancée. Pourquoi 112 heures? Et quelles ont été les conditions de conservation du corps?", demandait-il mercredi

"On a attendu presque deux mois"

"Pourquoi on a laissé le corps de ma fille en putréfaction comme ça, comme si c'était le corps de quelqu'un qui est mort sur l'autoroute, qu'on a oublié, comme ça?", a renchéri Polycarpe Mukole Musenga. 

"Au début, on était dans l'attente par rapport à l'autopsie. On était obligés d'appeler régulièrement, toutes les semaines, on se relayait avec mon père. (...) Au début ils ne savaient pas trop le jour. On a attendu presque deux mois", a relaté Louange Musenga devant la presse. 

La famille a expliqué avoir ensuite été reçue par un médecin, le même qui leur avait annoncé la mort de leur fille, sans qu'aucun élément de réponse ne leur soit apporté. C'est alors qu'ils ont demandé le dossier médical, ainsi que l'enregistrement du Samu. 

"On a l'impression qu'on s'est moqué de nous comme on s'est moqué de ma fille"

"On a l'impression qu'on s'est moqué de nous comme on s'est moqué de ma fille", a déploré Polycarpe Mukole Musenga. 

"Quand on a accepté de nous rencontrer, on nous a expliqué qu'ils n'étaient pas sûrs qu'il y ait eu une défaillance. On n'a pas besoin d'être médecins pour savoir qu'il y a un truc qui ne va pas là-dedans, non seulement dans l'enregistrement mais aussi dans le rapport", a ajouté sa fille. 

Trois enquêtes, dont deux administratives, ont été ouvertes après la mort de Naomi Musenga. L'opératrice du Samu qui a traité son appel a été suspendue à titre conservatoire. L'un des avocats de la famille, Me Mohamed Aachour, a précisé ce jeudi sur notre antenne que la famille avait porté plainte: 

"La plainte a déjà été déposée par la famille et demain (vendredi) nous complétons cette plainte et nous demandons au parquet de Strasbourg de saisir un juge de l'instruction et d'ouvrir une information judiciaire".

Liv Audigane