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Le parcours d'Ahmed H., cadre présumé de Daesh et soupçonné d'un massacre en 2014

Des employés d'une ONG irakienne visitent le site du massacre de Tikrit, auquel Ahmed H. est soupçonné d'avoir participé, le 9 avril 2015 en Irak.

Des employés d'une ONG irakienne visitent le site du massacre de Tikrit, auquel Ahmed H. est soupçonné d'avoir participé, le 9 avril 2015 en Irak. - Ahmad Al-Rubaye - AFP

L'homme de 33 ans, arrivé en France en 2016, est soupçonné d'avoir participé au massacre de 1.700 personnes. Il est également poursuivi en Irak, où il est soupçonné d'avoir été l'administrateur d'une région pour le compte de Daesh.

Le parquet de Paris a annoncé jeudi avoir interpellé et mis en examen en mars dernier un homme soupçonné d'avoir été un cadre de Daesh et d'avoir participé à un massacre au nord de Bagdad en juin 2014.

Qui est-il?

Cet homme de 33 ans, nommé Ahmed H., est un Irakien arrivé avec sa famille en France en juin 2016, selon nos informations. En juin 2017, il obtient le statut de réfugié politique auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) en juin 2017 et donc une carte de résident de 10 ans, qui lui sera retirée à son incarcération.

Interrogé par RMC, l'Ofpra a déclaré ne pas "commenter des cas particuliers" mais a rappelé que "pour chaque demande de statut de réfugié, (il) fait systématiquement une demande au ministère de l'Intérieur pour savoir si l'individu est recherché ou non". 

Quel est son parcours?

  • Peu après l'obtention de son statut de réfugié, l'individu est identifié et suivi par les services de renseignement -grâce à une alerte des autorités irakiennes-, puis signalé aux autorités judiciaires. Le 6 novembre 2017, le parquet de Paris décide d'ouvrir une information judiciaire le concernant.

Celle-ci est confiée pour la première fois conjointement à deux juges antiterroristes et à deux de leurs collègues du pôle "crimes de guerres et crimes contre l'humanité" du tribunal de Paris. L'enquête est menée par la DGSI et l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité (OCLCH). Il est finalement arrêté par des policiers de la DGSI le 6 mars à Lisieux, dans le Calvados, et mis en examen trois jours plus tard.

De quoi est-il soupçonné?

Cet homme de 33 ans est soupçonné par la justice antiterroriste française d'avoir participé en juin 2014 au massacre du camp militaire de Speicher, à Tikrit au nord de Bagdad. Des hommes armés avaient alors enlevé des centaines de jeunes recrues de l'armée, essentiellement chiites, qu'ils avaient exécutées un par un, tuant jusqu'à 1.700 personnes dans cette ville alors occupée par les jihadistes de Daesh.

Il est également poursuivi en Irak, où les autorités le soupçonnent d'avoir administré la région de Samarra, toujours au nord de Bagdad, pour le compte de l'organisation jihadiste. La France refuse d'extrader les ressortissants passibles de la peine de mort dans le pays où ils sont recherchés.

Pour quels chefs sera-t-il jugé?

Selon nos informations, Ahmed H. a été mis en examen pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste", "association de malfaiteurs terroriste criminelle en vue de commettre des crimes d'atteinte aux personnes", "crimes de guerre par atteinte à la la vie, par traitements inhumains et dégradants et par l'usage de moyens et de méthodes de combats prohibés".

Il est aussi poursuivi pour "participation à un groupement formé en vue de préparer des crimes de guerre". Il a été placé en détention provisoire conformément aux réquisitions du parquet.

Selon une source proche du dossier citée par l'AFP, il menait une vie discrète en France et a nié toute implication dans les faits qui sont reprochés. Son avocat n'a souhaité faire aucun commentaire dans l'immédiat.

L.A., avec le service police-justice de BFMTV et AFP