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Le nombre de suicides dans la police en hausse

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Dans la dernière décennie, 709 policiers se sont suicidés. Un sujet récurrent et sensible au sein des forces de l'ordre.

Depuis la fin de l'été, dix policiers français se sont suicidés. Parmi eux, sept vivaient en Ile-de-France, d'après une information de France Bleu. Pourtant, le nombre de suicide au sein de la police avait baissé en 2016. Cette année, le chiffre repart à la hausse, posant la question du mal-être de la profession. 

Un major à Béthune, un agent de la BAC de nuit de Paris ou encore un brigadier membre des CRS dans l'Essonne, détaille France Bleu. Ce sont 39 fonctionnaires de police qui ont choisi de mettre fin à leur jour depuis le 1 janvier 2017. Cela fait un total de trois personnes de plus qu'en 2016. 

Tous les grades de la profession touchés

À travers ces morts volontaires, on remarque que tous les grades de la profession sont touchés, mais également tous les âges. Concernant le sexe, seules deux ou trois policières se seraient suicidées en 2017. Et dans un cas sur deux, l'arme de service est utilisée pour le passage à l'acte. 

L'Ile-de-France, région la plus touchée par les suicides, concentre un tiers des effectifs, c'est-à-dire 36.000 policiers. Comparativement, le taux de suicide au sein de la police est trois fois plus important que dans la population générale. Mais depuis 2014, la tendance était au recul. Ce revirement est donc alarmant pour les syndicats, même si les causes et le lien avec le travail restent difficiles à déterminer.

Un week-end de repos sur deux conseillé

Unité SGP Police Force Ouvrière, deuxième syndicat de policiers, milite depuis des années pour l'entrée en vigueur d'un rythme de travail respectant mieux la vie personnelle des fonctionnaires, explique à France Bleu Louis-Guy Dubois, délégué national aux conditions de travail. 

"Actuellement la plupart des policiers travaillent cinq week-ends sur six. Nous estimons qu'il faut un week-end de repos sur deux. Mais l'administration freine, car cela pose de gros soucis d'organisation dans une période où les policiers sont très sollicités."

Les suicides sont un sujet récurrent et sensible parmi les forces de l’ordre. Le plan ministériel avait été mis en œuvre après le pic de 2014 chez les policiers. Mais les attentats et l'état d'urgence qui a suivi ont compliqué sa mise en œuvre : le nombre d'heures supplémentaires a explosé et les forces de l'ordre sont sous pression.

Il existe un service de soutien psychologique opérationnel (SSPO), avec une ligne téléphonique ouverte 24h sur 24 (01 80 15 47 09). 

S.Z