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Le coup de fil de trop du patron de la police parisienne à Hortefeux

Christian Flaesch, 56 ans, aurait passé un coup de téléphone compromettant à Brice Hortefeux, révèle "Le Monde".

Christian Flaesch, 56 ans, aurait passé un coup de téléphone compromettant à Brice Hortefeux, révèle "Le Monde". - -

Christian Flaesch, patron de la PJ de Paris, aurait prévenu par téléphone Brice Hortefeux qu’il allait être convoqué dans le cadre d’une enquête sur le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy.

C’est un coup de téléphone qui gêne. Christian Flaesch, directeur de la police judiciaire parisienne et nommé à ce poste par Nicolas Sarkozy en 2007, aurait averti Brice Hortefeux qu’il allait être convoqué dans l’une des enquêtes liées au financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, révèle Le Monde.

Mais comme l’explique le quotidien, l’ancien ministre de l’Intérieur était à ce moment-là placé sur écoute par la police judiciaire, dans un autre dossier. La conversation avec Christian Flaesch a donc été enregistrée et transmise à un juge d’instruction. Le parquet de Paris est saisi du dossier.

A propos du financement de la campagne de Nicolas Sarkozy, deux enquêtes sont en cours: l’une porte sur le financement éventuel par Mouhammar Kadhafi de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. L’autre portre sur un document produit en 2012 par Mediapart, qui selon le site, prouve ce financement. Mais le document en question n’a pas été authentifié. Nicolas Sarkozy a d’ailleurs porté plainte pour "faux" contre Mediapart.

Christian Flaesch convoqué au palais de justice

C’est dans cette affaire que Brice Hortefeux devait être interrogé par la police. Christian Flaesch appelle l’ancien ministre à trois reprises, selon Le Monde, et lui explique notamment qu’il sera entendu par un juge chargé de l’affaire, René Cros, et non plus par des policiers.

Mais Brice Hortefeux est placé sur écoute, et la police entend tout. Elle s’empresse donc de transmettre les écoutes au juge Serge Tournaire, chargé du dossier de l’affaire portant sur les liens de Kadhafi avec la campagne de Sarkozy. Furieux, celui-ci transmet un rapport au parquet. Christian Flaesch est convoqué au palais de justice, mais aucune faute pénale n’est décelée.

La dernière "grosse prise" de Christian Flaesch est Abdelhakim Dekhar, agresseur présumé de BFMTV et Libération. Le patron de la police, qui bénéficie d'une bonne réputation, était resté à la tête de la PJ malgré le changement de président. Lui qui était pressenti pour prendre le poste de directeur central de la police judiciaire, risque désormais de disparaître de la liste des favoris.

A. K.