BFMTV

Le Conseil d'Etat rejette la demande d'Yvan Colonna d'être emprisonné en Corse

Photo d'illustration

Photo d'illustration - STEPHAN AGOSTINI / AFP

Le Conseil d'Etat a rejeté une demande de changement de statut pénitentiaire de l'assassin du préfet Erignac visant à permettre son incarcération en Corse.

Le Conseil d'État a rejeté ce vendredi la demande de changement de statut pénitentiaire d'Yvan Colonna, condamné à la perpétuité pour l'assassinat en 1998 du préfet Claude Erignac. Le nationaliste demande la levée de son inscription sur le registre des détenus particulièrement signalés (DPS), qui ferme la porte à un transfert en Corse pour purger la fin de sa peine. 

Reconduction systématique

Le rapporteur public - dont les avis sont généralement suivis - a demandé le rejet de la demande d'Yvan Colonna, qui est emprisonné sous ce statut depuis 2003. Son inscription sur le registre des DPS est réexaminée tous les ans et a toujours été reconduite.

"C'est une reconduction systématique: le renouvellement est toujours motivé de la même manière", a dénoncé à l'audience l'avocat d'Yvan Colonna, Patrice Spinosi. Selon lui, "le statut de DPS d'Yvan Colonna est justifié par les causes de son incarcération et le fait qu'elle soit en lien avec la mouvance corse".

Le premier recours contre son inscription sur le registre DPS a été déposé en 2012, un an après sa condamnation définitive.

"Le rapporteur public dit que ce statut n'a pas de conséquence sur la détention, mais c'est faux", a affirmé maître Spinosi. "Ce statut de DPS nécessite d'être emprisonné dans une maison centrale, de haute sécurité, ce qui n'est pas le cas du centre pénitentiaire de Borgo" en Corse, a dit l'avocat.

"Détenu modèle"

"C'est plutôt un détenu modèle et il n'y a pas de risque d'évasion", a plaidé l'avocat. Yvan Colonna, détenu à Arles, est selon lui "susceptible d'être libéré dans trois ans" et "il veut pouvoir préparer sa sortie".

Parmi les revendications majeures des nationalistes récemment élus à l'Assemblée de Corse figurent la question du rapprochement des prisonniers corses afin qu'ils purgent leur peine à la prison de Borgo, au sud de Bastia, et l'amnistie de la vingtaine de détenus qu'ils considèrent comme des "prisonniers politiques".

Mardi, Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l'Intérieur et "Madame Corse" du gouvernement, a confirmé que le rapprochement des prisonniers corses et leur transfert sur la seule prison de l'île, à Borgo, étaient "possibles", et à l'étude actuellement.

"La chancellerie étudie au cas par cas la situation de ceux qui sont actuellement emprisonnés sur le continent, en fonction de leur durée de peine, de leur comportement", a expliqué Jacqueline Gourault.

Le Conseil d'Etat devrait rendre sa décision d'ici quelques semaines. 

L.N. avec AFP