BFMTV

Lasagnes au cheval : la traçabilité de la viande en question

Une usine de production de viande dans l'Aude en juin 2011.

Une usine de production de viande dans l'Aude en juin 2011. - -

De l'exploitation agricole à l'assiette, la chaîne de production est complexe, et les contrôles se sont renforcés, notamment depuis la crise de la vache folle. Pourtant, certaines faiblesses semblent persister.

Y-a-t-il un problème de traçabilité de la viande en Europe ? C'est la question que pose l'affaire de la viande de cheval découverte dans des plats cuisinés en lieu et place du boeuf. Pour le ministre de l'Agroalimentaire, interrogé sur BFMTV lundi, une chose est sûre : "il y a eu tromperie".

De l'étable aux rayons des supermarchés, depuis les années 90, la viande doit être tracée à chaque étape. Tout animal porte un numéro d'identification, qui est reporté sur chaque pièce de découpe, et que l'on peut retrouver grâce au numéro de lot sur l'étiquette finale.

Mais dans l'affaire de lasagnes au cheval qui touche plusieurs marques d de plats préparés depuis jeudi, les étapes ont été particulièrement nombreuses. Depuis un abattoir en Roumanie, la viande a été négociée par un trader néerlandais, puis chypriote. Elle est ensuite arrivée en France, avant d'être transformée dans une usine luxembourgeoise.

Une erreur volontaire ?

Une multiplication des intermédiaires qui augmente le risque d'erreurs humaines, mais aussi de fraudes d'un sous-traitant voulant augmenter ses marges... Et cette tromperie est facilitée par le manque de contrôles qui restent ponctuels, selon les spécialistes.

Autre problème : les professionnels sont de plus en plus livrés à eux-mêmes pour garantir la fiabilité de cette traçabilité. Les associations demandent donc à l'Etat de s'investir davantage et de renforcer les contrôles des pouvoirs publics. Ce lundi, le gouvernement reçoit à Bercy l'ensemble des acteurs de la filière agro-alimentaire pour tenter d'y voir plus clair.

Kelly Laffin et Cathleen Bonin