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La piste Fourniret étudiée pour une disparition dans l'Orne

Michel Fourniret lors de son procès aux assises de Versailles le 13 novembre 2018

Michel Fourniret lors de son procès aux assises de Versailles le 13 novembre 2018 - Benoit PEYRUCQ, AFP

L'enquête sur la mort de Lydie Loge, tuée à Saint-Christophe-le-Jajolet dans l'Orne en décembre 1993, a été rouverte. Il y aurait "une petite" probabilité que le coupable soit le tueur en série Michel Fourniret.

Hugues de Phily, procureur de la République à Argentan dans l'Orne, a annoncé ce vendredi la réouverture d'une enquête sur la disparition d'une jeune femme en 1993 confirmant une information du Parisien. Et pour cause, il y a une "petite probabilité" que le tueur en série Michel Fourniret en soit à l'origine, toujours selon le procureur.

"On a pu établir un rapprochement entre les traces ADN issues de composés organiques trouvés dans la camionnette de Michel Fourniret et l'ADN de la famille de la personne disparue" mais "la probabilité qu'il y ait un lien est petite", du fait des techniques d'enquête et de l'ancienneté des matériaux, a précisé Hugues de Phily.

C'est ce qu'ont montré en février 2019 les résultats des examens ordonnés par le parquet a des fins de comparaisons des ADN dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte en juin 2018 par le parquet d'Argentan, sollicité par l'Office central de répression des violences faites aux personnes (OCRVP).

La probabilité d'un lien avec Fourniret est "très tenue"

Lydie Loge a été vue pour la dernière fois le 18 décembre 1993 à Saint-Christophe-le-Jajolet. Toujours selon Le Parisien, elle était âgée de 29 ans. Le parquet a juste confirmé qu'il s'agissait d'une jeune femme. La probabilité d'un lien avec Michel Fourniret est "très ténue parce qu'on est sur une technique qui s'appuie sur l'ADN mitocondrial" et non de l'ADN nucléaire avec lequel on peut avoir des certitudes "à quasi 100%".

"D'où ma très grande réserve. C'est le seul" élément dont disposent les enquêteurs pour alimenter "l'hypothèse Fourniret qui apparaît pour la première fois en 2018", a insisté le magistrat.

A la question de savoir s'il était exact que la probabilité d'un lien était d'autant plus faible que Michel Fourniret était censé se trouver en Belgique à l'hiver 1993, Hugues de Phily a répondu: "C'est précisément l'objet de l'enquête, reprendre l'agenda."

Déjà deux enquêtes préalables

Cette disparition a déjà fait l'objet de deux enquêtes, de 1994 à 1998 puis de 2004 à 2009, qui ont toutes deux abouti à des non-lieux. Les enquêteurs avaient privilégié l'entourage familial très proche. Suicide, disparition volontaire ou non, "rien n'a permis de privilégier une piste", précise le procureur.

Michel Fourniret a été condamné en 2008 à la perpétuité incompressible pour sept meurtres de jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001, précédés de viol ou tentative de viol. Le 16 novembre 2018, il a été à nouveau condamné à la perpétuité pour l'assassinat en 1988 de Farida Hammiche.

Aude Solente avec AFP