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La condamnation de Christine Lagarde "nulle et déplacée"selon Bernard Tapie

Bernard Tapie le 26 mai 2012 au stade Vélodrome de Marseille.

Bernard Tapie le 26 mai 2012 au stade Vélodrome de Marseille. - Photo d'illustration

Bernard Tapie donne son sentiment après la condamnation de la présidente du FMI, dans la gestion de l’arbitrage entre l’homme d’affaires et l’ancienne banque publique Crédit Lyonnais, à propos de la revente d’Adidas.

"Je trouve sa condamnation à la fois nulle et déplacée". L’ancien président de l’Olympique de Marseille ne perd pas son franc-parler dans le dernier entretien qu’il a accordé au Monde ce mercredi. Christine Lagarde, jugée coupable de négligence mais dispensée de peine dans l'affaire de l'arbitrage Tapie en 2008, "méritait d’être relaxée", juge Bernard Tapie, avant de tempérer: "Et je n’ai pas envie de lui faire de cadeaux".

"Déplacée, car elle est jugée coupable, mais non condamnable, ce qui entraîne chez les citoyens le sentiment que seuls les plus puissants sont protégés. Et nulle, car les éléments qui conduisent à la culpabilité sont infondés", estime-t-il auprès des journalistes Fabrice Lhomme et Gérard Davet.

La Cour de justice de la République (CJR) a considéré que la patronne du FMI avait agi avec négligence en autorisant en 2007 une procédure arbitrale avec Bernard Tapie pour solder son litige avec l'ancienne banque publique Crédit Lyonnais. Cet arbitrage avait conduit à attribuer 400 millions d'euros à l'homme d'affaires.

"Il faut se faire Tapie"

Bernard Tapie profite de cette interview pour critiquer vertement la Cour de justice de la République (CJR), une "juridiction médiatique" et "aux mains des politiques", selon lui. Il n’hésite pas à se poser en victime de celle-ci et pointe ce qu'il assure être les "missions" de la CJR: sortir d’affaire Christine Lagarde, mais continuer à pouvoir le poursuivre pour escroquerie.

"D’abord sauver Lagarde, voilà pourquoi Michel Sapin s’est empressé de lui renouveler sa confiance. Mais il ne fallait (...) surtout pas gêner le reste, c’est à dire les poursuites contre moi pour escroquerie. C’est toujours le principe du 'il faut se faire Tapie'".

Bien que le jugement de la Cour de justice de la Répubique estime le processus d’arbitrage frauduleux, lui certifie de son côté, que "la juridiction vient dire que Christine Lagarde a eu raison" d’avoir ce recours.

"Il y aura du spectacle", promet l'ancien président de l'OM

Bernard Tapie considère être victime d’une "présomption de culpabilité" depuis 2012: "On annule l’arbitrage, on saisit tous mes biens, on veut virer 1.500 mecs employés dans mes journaux, sur la foi d’une pré-condamnation", atteste-t-il.

Bernard Tapie donne rendez-vous au 22 mars 2017, et promet qu’"il y aura du spectacle".

"Je poursuis pour 'faux en écriture publique' un policier de la brigade financière qui s’est voué à ma perte" (...) "Il y aura du spectacle, je serai là, et vous comprendrez comment vous avez tous été manipulés", prévient-il d'ores et déjà.
B.L.