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La "complexe" personnalité du "violeur de la Sambre", accusé de l'agression ou du viol de 56 femmes

Dino Scala est accusé de l'agression ou du viol de plus de 50 femmes entre 1988 et 2018.

Dino Scala est accusé de l'agression ou du viol de plus de 50 femmes entre 1988 et 2018. - L'Observateur de l'Avesnois / AFP

Arrêté en février 2018, Dino Scala a reconnu avoir agressé ou violé 56 femmes entre 1988 et son interpellation. Celui présenté comme "Monsieur-Tout-le-Monde" assure ne pas réussir à "expliquer comment [il] en est arrivé là", rapporte "Le Parisien".

"Beaucoup de gens vont vous le dire, je suis quelqu'un de bien", déclare Dino Scala lors de son premier interrogatoire en mars 2018. Plus d'un an et demi après l'arrestation de celui que l'on surnomme le "violeur de la Sambre", du nom de cette rivière qui traverse la France et la Belgique, Le Parisien s'est procuré les retranscriptions de ses interrogatoires et de ses entretiens avec les experts. Au fil de ses déclarations apparaît une personnalité "complexe", entre un "bon père" et un homme avec des "composantes de perversité". 

"Comme le chasseur qui tombe sur le gibier"

Dino Scala (58 ans), marié et père de 5 enfants a reconnu 56 agressions ou viols commis entre 1988 et 2018 entre la France et la Belgique. Il a expliqué son mode opératoire aux enquêteurs:

"Agripper la victime par-derrière, l'immobiliser avec un étranglement fait à l'aide de mon avant-bras (...) agir tôt le matin, et principalement l'hiver car il fait nuit plus longtemps pour ne pas être reconnu."

Aux policiers, le mécanicien a d'abord évoqué des "pulsions", avant de reconnaître qu'il traquait ses victimes, qu'il compare à des "gibiers":

"C'est un peu comme le chasseur qui tombe sur le gibier et qui s'apprête à faire feu."

Des actes que ses proches ont toujours du mal à réaliser: "Je sais que ce qu'il a fait est ignoble, mais ça choque parce que jamais il ne m'a touchée", indique l'une de ses filles.

"Expulser son agressivité, reprendre la main"

Le passé familial de cet habitant de Pont-sur-Sambre (Nord) fourni tout de même une image bien moins lisse que celle présentée au début de l'enquête comme "Monsieur Tout-le-Monde". Avant de s'attaquer à des inconnues, il a reconnu s'en être pris à au moins une de ses anciennes belles-sœurs mineures, rapporte Le Parisien.

Son père est aussi soupçonné d'avoir agressé une de ses sœurs pendant l'enfance. Ce même père à qui il en a voulu, avec sa mère de s'occuper davantage de ses sœurs que de lui: "J'ai jamais eu l'impression d'avoir une grande place dans la famille", confie-t-il.

Pour les psychologues qui ont descellé des "composantes de perversité", le passage à l'acte serait donc une façon "d'expulser son agressivité, de reprendre la main, d'être autoritaire." 

Lui assure ne pas réussir à "expliquer comment [il] en est arrivé là". "Sa personnalité est très complexe", ajoute son avocate Maître Margaux Mathieu. Les experts psychiatres ont en tout cas conclu qu'il ne souffrait "d'aucune pathologie mentale ou addictive, ni d'une personnalité pathologique". Il pouvait, par conséquent, être présenté à une cour d'Assises pour répondre de ses actes.

Esther Paolini