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Père de famille sans histoire et violeur en série présumé: qui est Dino Scala?

Il a reconnu avoir violé ou agressé plusieurs dizaines de femmes, un nombre de victimes que les enquêteurs évaluent à une quarantaine. Le suspect mis en examen est un homme de 56 ans, marié et père de famille, bien intégré dans sa commune de Pont-sur-Sambre, dans le Nord.

La photo le montre en polo parme, le visage rond sous un crâne dégarni, au bras d'une femme un soir de fête. C'est cet homme, Dino Scala, 56 ans, qui est soupçonné par la justice d'avoir violé ou agressé une quarantaine de femmes, selon l'évaluation du procureur de la République de Valenciennes ce mercredi. Celui que l'on surnomme le "violeur de la Sambre" a été interpellé sur les coups de 6h45 ce lundi et a été mis en examen. Il a reconnu les faits et se veut jusqu'ici coopératif avec les enquêteurs.

Dino Scala.
Dino Scala. © BFMTV

"Monsieur Tout-le-monde"

Son profil, apparemment banal, cadrant mal avec celui qu'on a tendance à accoler à un prédateur sexuel, interroge. Jean-Benoît Moreau, l'avocat de Dino Scala, a esquissé les grandes lignes du portrait de son client sur notre antenne ce mercredi soir:

"C’est une expression un peu désagréable à entendre dans un dossier comme celui-là, mais c’est un homme comme tout le monde. C’est vraiment ‘monsieur Tout-le-monde’. Ce n’est pas quelqu’un qui, au premier abord, vous semble être l’homme derrière les infractions qui lui sont reprochées. C’est quelqu’un de très ouvert et de conscient de la gravité de ses actes."

Il a poursuivi, expliquant: "C’est quelqu’un de conscient. Il ne fuit pas ses responsabilités, ne cherche pas à se victimiser." Dino Scala a assuré jusqu'ici à la justice que ses actes de viols, qui ont commencé en 1988, répondaient à des pulsions. Les premiers éléments de l'enquête renvoient toutefois l'image d'un homme méthodique. Si le profil de ses victimes a pu beaucoup varier, le cadre était toujours le même, le Nord, le créneau horaire inamovible, il passait à l'acte au petit matin alors que l'obscurité était encore présente, et le moyen employé était aussi constant, une arme blanche. 

Stupéfaction à Pont-sur-Sambre

Les habitants de la commune de Pont-sur-Sambre, où cet ouvrier vivait depuis une vingtaine d'années, sont abasourdis. "Quand on a appris qui c’était, on est tombé de haut. Je pense que tous les habitants de Pont-sur-Sambre sont tombés de haut", a assuré Michel Détrait, le maire de cette ville de 2500 âmes, devant nos caméras. "Il était très impliqué dans la commune. C’était quelqu’un de serviable. Dès que vous aviez besoin de quelque chose, il était là, toujours sans rien demander", a-t-il ajouté. 

Dino Scala, marié et père de famille, s'est surtout consacré au club de football local, dont il a été l'entraîneur puis le président. "C’est très surprenant. C’était quelqu’un qui était à l’écoute des gens", a confié Willy Lebrun, qui lui a succédé à la tête du club. 

Un profil "à la Dexter"

Guillaume Groult, technicien de la police scientifique, a tenté d'analyser ce tableau contrasté ce mercredi soir sur notre antenne. Pour lui, le violeur présumé relève d'un "profil à la Dexter" du nom de cette série télévisée, mettant en scène un tueur en série qui, au quotidien, est un homme au-dessus de tout soupçon. "C’est quelqu’un qui est intégré dans sa vie communautaire, qui apparaît bien sous tous rapports. On ne recherche pas ce genre d’individu", a noté Guillaume Groult. 

"Dans les dernières enquêtes qui ont beaucoup fait parler la presse, on a trouvé un responsable dans l’entourage des victimes. Là, c’est quelqu’un qui n’a aucun lien social avec ses victimes. Et comment arriver jusqu’à lui si on n’a que son profil génétique? C’est très difficile. Il faut quelque chose de caractéristique de la personne. C’est toute la valeur du travail d’enquête."

Et celle-ci n'en est qu'à ses balbutiements. 

Robin Verner